CSF#11, une édition numérique !

Affiche concours CSF#11

« Toi et moi sur la Toile, si loin, si proche », c’était le thème de CSF#11 en lien avec « Dis-Moi Dix Mots sur la Toile »

Nous avons reçu 670 textes de 71 pays différents.
Bravo à tous les participants ! Félicitation pour votre participation et votre créativité. L’équipe de Chansons sans Frontières vous remercie pour toutes ces paroles de chanson venues du monde entier et qui ont voyagé sur la Toile pour être partagées !

  • 1er Prix :
    Nassim Zerka
  • 2ème prix :
    Mohamed El Kory
  • Prix jeune public :
    Zineb Aitsalah
  • Prix Français langue maternelle :
    Thomas Allamando
  • Mention poésie Français langue maternelle :
    Roger Clavet
  • Mention Coup de Coeur du Jury Jeune Public :
    Raphaelle Vander Goten
  • Mention originalité du Jury Jeune Public :
    Emiliana Larralde Castillo
  • Mention coup de coeur du Jury :
    Amine Abtroun

Soirée concerts et remise de prix, Cocktail de Nuit !

Big Band Café, Hérouville, Normandie, Jeudi 18 mai 2017
Avec Yves Jamait, Mix Métisse, Les Goaties

Pour sa 11ème édition, Chansons sans Frontières concocté une soirée festive et généreuse et le public était au RDV, attentif, chaleureux, enthousiaste dans un Big Band Café rempli à craquer.
Les artistes ont accueillis le public avec une surprise, une chanson qui les a tous réunit sur le plateau; 14 artistes d’origines, de styles très différents, un beau plateau mélangé à la façon de Chansons sans Frontières.

Pour tout savoir sur la soirée…

Voir l’événement

Affiche soirée de remise des prix CSF#11

Les lauréats

Affiche concours CSF#11

Nassim Zerka, 20 ans, Algérie

Je ne saurais vous dire l’énorme joie que j’éprouve depuis l’appel de ce matin m’annonçant l’heureuse nouvelle. (…)

J’habite Adekar une petite commune de la banlieue de Béjaia. J’étudie le génie électrique et l’électronique. Plus tard, j’aimerais bien faire une carrière dans le domaine des télécommunications. Celui- ci est le simple Nassim.

Passons au gagnant de Chanson sans Frontières. (…) Au lieu de parler de ce que j’aime, je préfère dire ce que cette langue (le français) m’a appris à aimer. J’aime la littérature, la philosophie, la politique … J’écoute beaucoup de musique (surtout de la chanson et le rock britannique) ce qui m’a donné envie d’apprendre à jouer de la gratte et à chanter.

Je suis féru de cinéma surtout le cinéma français. A la question pourquoi j’écris je ne saurais répondre mieux que de dire que c’est ce que je sais faire le mieux. (…)

Et puis n’est-ce pas que tout ce que l’homme fait de bien en ce monde il le fait pour s’élever au rang de ses idoles ? Ainsi, j’ai juré de parvenir à écrire au moins quelque chose qui égale le quart du Roman de Rimbaud, Le Poinçonneur des Lilas de Gainsbourg ou Je m’ suis fait tout p’tit de Brassens.

La Pangée Mal Effritée

[couplet 1]
Pépé jadis faisait la queue
Des heures au guichet du postier
Pour recueillir la lettre que
Mémé a écrit le mois dernier.
Aujourd’hui, moi il me suffit
De faire un clic sur mon clavier
Pour voir la foule de mes amis
Qui sont venus du monde entier.

__________________________ [refrain]
Foin des bords et des pays !
La toile au Nord me pose un pied
Et l’autre au Sud est arrêté.
La Pangée s’est mal effritée ;
Et foin des bords et des pays.

_________________________[couplet 2]
Gimi le petit enfant inuit
Poste la photo d’un traineau.
Une vidéo de ses chiens en fuite
Fait le tour de tous les réseaux.
Une réponse lui vient du désert
De la part d’une petite touareg
Qui posait près d’un dromadaire
Et d’une tente au milieu d’un reg

____________________________ [refrain]
Foin des bords et des pays !
La toile au Nord me pose un pied
Et l’autre au Sud est arrêté.
La Pangée s’est mal effritée ;
Et foin des bords et des pays.

_____________________________ [couplet3]
Grâce à la toile j’ai pu suivre
Les masses de Tunis en détresse.
Les japonais ont pu survivre
A la vague porteuse de tristesse.
Ce fut possible de partager
La colère sur la place Tahrir
Du peuple égyptien enragé
Contre un tyran et ses vizirs.

Affiche concours CSF#11

Mohamed El Kory, 54 ans, Mauritanie

Economiste de formation, expert en propriété intellectuelle et journaliste à mes heures, avec plusieurs prix à la clef : 1er Prix poésie sur les «10 mots», semaine de la langue française et de la francophonie en 2012 (local); 8ème Prix « 6ème concours international des 10 mots de la francophonie 2010 », organisé par l’Association Francophone d’Amitié et de Liaison, Paris (France) ; 1er prix concours d’écriture autour des 10 « mots migrateurs 2007 », dans le cadre de la fête de la francophonie (local).

Francophile de la première heure, j’ai toujours eu un goût prononcé pour la lecture. L’écriture est venue après, notamment avec l’avènement du rap en Mauritanie et ma volonté de collaborer avec certains jeunes rappeurs, ce qui me permet d’affirmer ma vocation et d’enrichir l’expression des artistes en lien avec l’idéal qu’ils défendent.

Avec ma participation au concours « chansons sans frontières », j’ai voulu faire passer un message de tolérance, mettre en évidence l’universalité de l’Homme et montrer qu’il y a tellement de choses positives à partager à travers ce formidable outil qu’est l’Internet. Et je crois qu’avec ma « tête de Métèque » comme dirait feu G. Moustaki, je passe pour être crédible.

On m’a volé le droit de…

Dis, Sidi, quelle tête d’avatar !
Et cette barbe empruntée
A un fakir de Saint Lazare
Ou à un charmeur de Salé

Isabelle, je suis natif d’Atar
Et la barbe, ça change quoi ?
Que je sois d’Agadir ou Zanzibar ?
Je serai toujours le même ksarois

Ksar, un quartier de la ville de Nouakchott, en Mauritanie ·
ksar ou ighrem,un type de village fortifié en Afrique du Nord ..

Un paumé de la mondialisation
Dans un bled sans conditions
Qu’on présente tel un émoticône
Comme une affiche de Sergio Léone

Oui, on m’a volé, on m’a volé !
Le droit d’être bien intégré ! 2x

Dis, y a pas d’école dans ton village
Ou bien c’est un canular ?
Et le terrain de basket, un mirage ?
Il est bien triste ton Ksar

Oui, je possède un ballon orange !
Mais y a plus de terrain de basket
Envie de casser mes phalanges
Tout ça me prend la tête

Je chausse alors mes crampons
Pour taper dans le ballon rond
Sur un terrain de coquillage
Suis pas vraiment sur un nuage

Oui, on m’a volé, on m’a volé !
Le droit d’être bien formé ! 2x

Isabelle, il est presque midi
Alors, place pour mon favori
Bien sûr du poulet halal
Pas trop cher, assez frugal !

Pas comme le poulet local
Trop cher, sinon trop halal !
Je ne choisis pas mon régime
Bon sang, quelle déprime !

Oui, on m’a volé, on m’a volé !
Le droit de bien manger ! 2x

Dis Sidi, on est vendredi
Tu vas sans doute à la mosquée ?
Ecouter ton Imam éclairé
Pas de place pour moi, pardi !

La Khotba, c’est pour tout le monde
Pirate, facho et sans culottes
Il suffit d’être sur la même onde
Ou bien tu trouves que je radote ?

Khotba nom arabe du sermon (ou prône)
délivré par l’imam lors de la prière du vendredi

Oui, on m’a volé, on m’a volé !
Le droit de prier en liberté ! 2x

J’envie les oiseaux migrateurs
Perchés sur la Tour Eiffel
Ces indiscrets fureteurs
M’ont dit qu’elle était belle

Oh Isabelle, je suis une âme nomade !
Des grandes étendues sablonneuses
Pas besoin de visa pour une promenade
Pour une pizza ou une bolonaise

Oui, on m’a volé, on m’a volé !
Le droit de voyager ! 2x

Oh Sidi, t’es qu’un ami virtuel !
Mais on se connaît si bien
Viens sans cérémonial, sans rituel
Je peux ‘’héberger pour un temps

Moi aussi j’ai fait mon Ramadan
On a tous les mêmes rêves d’enfants
Quitte à télésnober nos parents
Même si, parfois, on ne leur doit rien

Oui, on m’a volé, on m’a volé !
Le droit de rêver ! 2x

Je ne suis pas si malheureux
J’ai le soleil toute l’année
Pas envie de tester le creux
D’une vague de la méditerranée

Je respire à plein poumons
Un air pur, sans pollution
J’ai pas de job, même diplômé
C’est là ma plus dure réalité

Non, on m’a pas volé, pas volé !
Le droit de rester, bien coincé ? x2

Isabelle, je t’aime virtuellement
Ah Sidi, seulement virtuellement ?

Affiche concours CSF#11

Zineb Aitsalah, 18 ans, Maroc

C’est un véritable honneur d’avoir été choisie, votre annonce aura eu le don de me surprendre car je ne m’attendais pas le moins du monde à gagner, que mon texte soit lu ou chanté est une véritable consécration. (…)

Je suis étudiante en école de commerce et de gestion, mais cela ne me définit pas vraiment. J’ai commencé à écrire depuis l’âge de 8 ans (des romans tout à fait ridicules mais qu’à cela ne tienne…), fascinée par les poèmes romantiques et les écrits fantastiques, j’ai toujours trouvé dans l’écriture une familiarité et une intimité telle qu’elle est rapidement devenue mon moyen d’expression favori. J’ai d’ailleurs longtemps prié pour revenir à l’époque ou l’on s’envoyait des lettres écrites avec soin et ou l’on attendait impatiemment la réponse à sa missive… mais je crois que c’est trop demander.
Mon temps libre est généralement consacré à la lecture et à la contemplation (qui est généralement suivie d’une ou deux heures à essayer de les formuler par écrit)A part ça, je suis qu’une fille simple, qui aime écrire et qui aime chanter !

J’ai été acceptée dans le groupe de musique de mon université en début d’année et nous avons participé a un festival universitaire ou se réunissent tous les clubs de musique du Maroc, c’était un moment véritablement inoubliable ! Nous avons chanté des titres indémodables, (…), une expérience que je pourrais refaire à l’infini.

J’écris des paroles de chansons depuis très longtemps, j’ai d’ailleurs un espèce de manuscrit de quatre cent pages qui à l’air d’avoir vu de meilleurs jours, remplis de paroles en français et en anglais, mais je ne les chante pas, faute d’instruments (et d’instrumentistes)

Enfant du siècle

Je suis une enfant du siècle,
Née au temps des Hommes qui n’ont jamais le temps,
Temps de la toile qui proclame
Nous lier,
Qui nous regroupe, nous unit,
telle une communauté,

Quatorze ans, déjà branché, sa mère l’appelle,
Il est occupé
A parler aux autres, passe sa journée, à communiquer,
Elle l’appelle encore, l’appellera un millier de fois,
Mais il ne lui accordera son attention,
Que quand la faucheuse l’emportera,
Ce n’est que quand il est trop tard,
Que l’on demande pardon,
Et le pardon n’est pas l’espoir,
Car ces quelques lettres ne changeront pas le monde,

C’est un enfant du siècle,
Né au temps des Hommes qui n’ont jamais le temps,
Temps de la toile qui proclame
Nous lier, Nous regroupe, nous unit,
telle une communauté,

Murs en béton,
Portes fermées,
Voisins inconnus,
Terre commune,
mondes différents,

Nous sommes des enfants du siècle,
Né au temps des Hommes qui n’ont jamais le temps,
Temps de la toile
qui proclamera
nous lier,
Quand la solitude gagnera nos âmes,
Quand la vérité que nous refusons
De regarder en face,

Éclatera au beau jour,
Loin de toutes ces interfaces,
Nous joindrons nos mains,

Car nous sommes des enfants du siècle,
Guère condamnés,
La toile ne décide pas de nos gestes,

Nous sommes libres,
libres de nous aimer,
D’avoir le temps pour ceux
Qui ne nous oublierons jamais,
Qui ne nous oublierons jamais,

Affiche concours CSF#11

Thomas Allamando, 32 ans, Français au Maroc

Natif du Nord de la France, je suis responsable de la médiathèque de l’Institut Français de Kénitra, au Maroc. Ayant beaucoup écouté Renaud vers la fin de l’adolescence et Georges Brassens pendant l’enfance, j’ai sans doute toujours eu envie d’écrire, mais je ne me suis lancé dans l’écriture qu’en 2009, à 24 ans, via la création d’un blog. Avant cela, je ne me consacrais qu’au dessin, plus particulièrement la bande dessinée et le dessin de presse. C’est l’écoute de Renaud qui m’a vraiment décidé à sauter le pas. J’ai découvert un univers, des « chansons bien construites », comme lui a dit un jour Brassens. Puis, au fil du temps, à force d’écrire, je me suis intéressé à d’autres chanteurs, comme Alain Souchon ou François Corbier. Ce dernier m’a inspiré pour écrire mes chansons flash.

http://genzolyrics.wordpress.com

Internet et moi

Moi j’ai plein d’amis sur Facebook
Des gars, des filles qui soignent leur look
Un Japonais, des Estoniennes
Des gars, des filles qui vont qui viennent

J’étale ma vie sur Internet
J’ai r’joint un fan club de claquettes
Je mets des « lol », des « mdr »
Je suis ami avec la Terre

Mais dans mon deux pièces tout pourri
Où j’ai un robinet qui fuit
Je ne reçois jamais personne
Jamais de coups de téléphone
Mais dans ma vie réelle à moi
Parler en « kikoo » ça s’fait pas
On peut même pas mettre de smiley
La vie réelle c’est grave l’ennui

Moi je dialogue sur MSN
Avec une fille venue d’Ukraine
Y’a un pote qui m’dit « C’est bidon!
Si ça s’trouve elle est d’ Montluçon! »
Ça s’voit trop qu’il y connaît rien
Cette fille c’est trop pas un boudin
Elle m’a même invité chez elle
C’est entre Moscou et Sarcelles

Mais dans mon deux pièces tout moisi
A cause du robinet qui fuit
Je ne reçois jamais personne
Je suis même carrément « alone »
Mais dans ma vie réelle à moi
Le français ça d’vient du chinois
J’préfère le langage SMS
Ça évite de s’casser les fesses

Moi j’ai fait un blog vachement bien
Avec des filles qui montrent leurs seins
Tout ça pour avoir d’la visite
Mon blog tu l’aimes ou tu le quittes
Pour ça j’ai mis « Fuck les rageux! »

Si tu m’emmerdes j’te casse en deux
Même par écran interposé
C’est ça la nouvelle société

Mais dans mon deux pièces inondé
A cause du putain d’robinet
J’recevrai plus jamais personne
Même pas un fan des Rolling Stones
Mais dans ma vie réelle à moi
Je vois mon PC qui se noie
C’est complètement la tragédie
Je viens de perdre tous mes amis

Les mentions

Mention coup de coeur du Jury
Affiche concours CSF#11

Amine Abtroun, 40 ans, Algérie

Je suis un autodidacte. A 16 ans, je me suis acheté une guitare et j’ai commencé à jouer de la musique. Dès les premiers jours, je me suis mis à composer paroles et musique, des chansons en français et en anglais. Depuis je n’ai jamais cessé. J’aime écrire des chansons par rapport à la musicalité des mots, les rimes et raconter ainsi joliment une petite histoire. Je fais toujours la musique qui accompagne ces textes. J’essaye d’y mettre des petits jeux de mots sonores, de la tendresse, une douce malice et de la sincérité. Etre artiste même amateur en Afrique est une drôle d’aventure mais la musique fait partie de moi, de ma vie et c’est bien ainsi.

Je suis un geek

Je suis un geek
Je me connecte
En un clic
A la planète

De mon Afrique
A ton île
Il n’y a qu’une touche
Sur le net

Moi je lis
Tous tes mails
Et tous tes tweets me tournent la tête

Refrain :
Alors dis- moi ! Dis-moi ! Dis-moi !
Est-ce que tu me pokes ?
Alors dis- moi ! Dis-moi ! Dis-moi !
Est-ce que tu me likes ?
Alors dis- moi ! Dis-moi ! Dis-moi !
Car moi je te Loooove !

Je débloque
Les firewalls
quand je reçois
ton signal-call

En mode binaire
Ordi bipôlaire
De mon hémisphère
Au bout de ma Terre

Plus de wifi
Et si on se voyait ?
Pour de vrai
Et si ? Et si ?

Virtuel
Est ce monde
Qui nous plonge
Dans nos rêves

Des lumières
Et des diodes
Qui virevoltent
Telles des lucioles

Je lance un message
A la mer
A la recherche
D’un follower

Mention Coup de Coeur du Jury Jeune Public
Affiche concours CSF#11

Raphaelle Vander Goten, 15 ans, Belgique

Lire, pour moi, ça permet de s’évader, de ne plus penser à soi, à ses problèmes, de relativiser,… C’est mon activité principale. Sinon, je vais au cinéma, à l’école, au zoo, … Quand tout ça, mes lectures, mes expériences, mes pensées, mes sentiments,  se mélangent dans ma tête, je trouve que le meilleur moyen de me calmer, c’est de poser mes idées sur papier.

Sois toi-même

Pour te parler,
Il faut se connecter.
Tu ne m’entends pas,
Tu ne me vois pas.

J’ai quelque chose à te dire,
Mais tu ne m’écoutes pas car tu admires
Ceux que les autres voient de toi,
Fausse image due à un choix.

On est bien
Le matin
Tous les deux,
Loin d’eux.
Alors pourquoi
Ce choix ?

Sois toi-même
C’est comme ça que tous t’aiment
Moi, ta famille,
Tes vrais amis.

Des gens dans le monde entier
Que tu n’as jamais rencontré
En savent plus sur toi
Que moi, qui dors avec toi.

Tu veux m’embrasser
Pour partager ce baiser
Mais il est à nous,
Pas à la bande de fous
Que tu prétends amis
Pour la vie.
Les connais-tu?
Les as-tu déjà vus ?

Sois toi-même
C’est comme ça que tous t’aiment
Moi, ta famille,
Tes vrais amis.

Je t’aime je te murmure,
Avant de l’écrire sur ton mur.
Tu ne me crois pas,
Si les autres ne le savent pas
Dans la minute qui suit
Celle où je te l’ai dit.

Ton attention pour moi seulement
Se fait beaucoup trop rarement.
Tu m’écoutes à moitié
Et tu t’étonnes que je sois fâché.

Sois toi-même
C’est comme ça que tous t’aiment
Moi, ta famille,
Tes vrais amis.

Je te vois,
Mais je crois
Que tu n’es pas avec moi.
Tu étais toi,
Mais ce n’est plus le cas,
Et je t’aimais pour cela.

Tu te transformes
A cause d’une pression énorme.
Pour avoir des pouces en l’air,
Tu photographies tout ce qui t’es cher,
Mais seulement si tu penses
Que c’est tendance.

Si le ridicule ne tue pas,
Fais ceci ou cela, Avec moi,
Toi et moi.
On s’en fiche d’eux
Tant qu’on est deux.

On chante, on rit,
On danse, on vit.
Nous voir nous amuser,
C’est ça qui va les faire marrer ?

Sois toi-même
C’est comme ça que tous t’aiment
Moi, ta famille,
Tes vrais amis.

Mention originalité du Jury Jeune Public
Affiche concours CSF#11

Emiliana Larralde Castillo, 15 ans, Vénézuélienne au Canada

Un gnome amoureux

Elfe de la nuit, je pense beaucoup à toi Même si on ne se connait presque pas
Je sens que tu es faite pour moi

(Refrain:)
Tu es une créature si magnifique
Et moi un gnome poétique
Tu occupes un endroit spécial dans mon coeur
Pour toi je serais un gnome séducteur

Tes mots doux me font sourire
Ta personnalité, si facile à aimer
La nuit je ne peux m’endormir
Car cet amour me garde éveillé

Nous accomplirons toutes ces quêtes
Je te protègerais des bêtes
Pour toi je suis prêt à mourir
Tant que tes compliments me feront rougir

Tes jolis mots tendres
J’aimerais pouvoir les entendre
Ton visage auquel j’ai tant rêvé
J’aimerais pouvoir l’admirer

Tous ces monstres enragés
Je vais les combattre à tes côtés

Du bout de mon épée
Jusqu’au bout de ton clavier
Je serais là pour t’aimer
Du moment que tu restes connecté

Mention poésie catégorie Français langue maternelle
Affiche concours CSF#11

Roger Clavet, 63 ans, Canada

Au dernier décompte, je suis le 14e enfant d’une famille québécoise de 17 enfants. Je n’ai donc jamais manqué de compagnie. Au fil des ans, j’ai déménagé une trentaine de fois en 35 ans de vie commune avec France, ma conjointe. Quel prénom prédestiné ! J’ai un fils de 32 ans, Charles, qui est lui-même auteur-compositeur-interprète.

À l’image de Tintin, mon héros d’enfance, comme journaliste et aventurier, j’ai vécu au Congo, en Amérique et en Chine, sans toutefois m’être rendu au Tibet. Par contre, Tintin n’a jamais mis les pieds au Yukon, aux portes du Pôle nord. Moi, si.  Et sans avoir tenu dans mes mains le Sceptre d’Ottokar, mille millions de sabords, j’ai été élu député au Parlement canadien !

J’ai participé à la 11e édition de « Chansons sans frontières », un peu comme un enfant lance une bouteille à la mer, avec un message inséré à l’intérieur, dans l’espoir qu’une main amie la trouve, qui sait, à l’autre bout du monde. Par la voie du miracle numérique, mon texte « Hacker de pirate » a ainsi été trouvé et lu en Normandie.

À propos justement de la Normandie, saviez-vous que le Québec lui doit de nombreux mots et expressions. Ainsi, les Québécois disent encore de nos jours champelure pour « robinet », bleuet pour « myrtille », asteure pour « à cette heure-ci », boucane pour « fumée », frète pour « froid », graffigner pour « égratigner », maganer pour « abîmer » et vlimeux pour « détestable ».

Depuis que mon texte « Hacker de pirate » a été gratifié d’une mention spéciale poésie, pas besoin de vous dire que mes larmes de joie coulent à pleine champlure et que je me vautre dans les bleuets. Asteure que la boucane de la gloire graffigne mon ego, sans trop le maganer, et que le frète de l’hiver commence à devenir vlimeux, je me réjouis de savoir que ma bouteille à la mer est finalement arrivée à bon port.

Né à Québec, voilà 64 ans, Roger Clavet a déjà rédigé son épitaphe : « Un enfant égaré dans un monde d’adultes ». Mais, tonnerre de Brest, il n’a pas encore dit son dernier mot !

HACKER DE PIRATE

Tel un corsaire ami, j’escalade tes rêves.
Ton écran est un mât qui me tient lieu de voile.
Dès que ferment tes yeux ou lorsque tu te lèves,
Je grimpe à ton balcon sur le dos d’une étoile.

Je navigue de nuit aussi bien que de jour
Sur mon clavier ravi je déjoue les tempêtes
Et chacun de mes clics se mue en mot d’amour
Pour arriver à toi et cajoler ta tête.

Ma mémoire est remplie de sable et de cordages,
De chants mélodieux pour mieux t’arraisonner.
Ouvre tes écoutilles, espère l’abordage
J’enfouirai mon trésor dans notre maisonnée.

Alors, coeur de pirate, d’amour je t’aimerai
Au-delà de la mort et des mers fatiguées
Nous aurons tous les mots pour mieux nous enivrer
Et le festin des jours sans fin pour naviguer.

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