992 TEXTES REÇUS DE 106 PAYS DANS LE MONDE
En ces temps où l’on oublie souvent la planète qui nous accueille et nous fait vivre, vous avez écrit des textes émouvants, violents parfois désespérés , d’autres qui portent vos rêves, vos engagements, votre désir d’imaginer une planète partagée, un jardin pour tous les vivants.
Le thème d’écriture de cette 19ème édition était Et si la Terre chantait ? en lien avec Dis-moi dix mots pour la planète. Vous avez relevé le défi d’écrire un texte de chanson en français, d’entrer en jeu avec d’autres écrivains du monde entier. Un grand Merci et Bravo à toutes et tous de votre participation.
1er prix Région Normandie
Kamila Abdilah, 21 ans, Comores #862 – Échos de la Terre
2ème prix
Ange Christ Divin Babakila, 26 ans, Congo #907 – Cœur Salé
Prix français langue maternelle ex aequo
Chloé Gallien, 65 ans, Angleterre #70 – Passé – Présent – Futur
Pascal Hamont, 65 ans, Fr-Belgique #226 -Pas touche
Mention spéciale poésie grand jury Sacem
Tojoniaina Fanambinana Andriamiarisoa, 31 ans, Madagascar – # 797 Cicatrices d’espoir
Mention spéciale grand jury Sacem
Kpada Takoya, 33 ans, Togo – #944 – Maman dit quelque chose
1er prix Jeune public
Georgi Kalanov, 14 ans, Grèce #865 – La misère de la Terre
2ème prix jeune public
Livia Cebotarescu, 16 ans, Moldavie – #240 – Les Murmures de la Terre
Mention spéciale poésie jury Jeune Public
Touma Lana, 15 ans, Liban #740 – La terre en silence
Je m’appelle Kamila Abdillah, je viens des Comores.
J’ai découvert l’écriture à un moment où je me sentais un peu perdue. Quand je n’arrivais pas à dire les choses à voix haute, j’écrivais. C’était une forme de thérapie, un refuge, un espace à moi.
Depuis, l’écriture est devenue un moyen de faire entendre ce que je ressens, de poser des mots sur mes silences. J’écris pour exprimer ce qui est fragile, ce qu’on ne voit pas toujours, mais qui existe profondément.
Participer à Chansons sans Frontières m’a permis de partager cette voix intime à travers un texte poétique. Avec Échos de la Terre, j’ai voulu faire résonner une voix douce mais
sincère, entre tristesse et espoir.
En dehors de l’écriture, j’aime profondément la musique. Elle apaise le cœur, elle donne de la force et de l’espoir. J’ai aussi un coup de cœur pour un autre langage : l’écriture de code. Résoudre les petits bugs, créer des solutions… c’est un vrai plaisir.
Échos de la Terre
Couplet 1 :
Je suis née d’un souffle, d’un frisson dans la nuit,
Ma voix est un murmure que personne n’oublie.
Je vois les océans, je vois les cendres au vent,
Je porte la vie, mais je pleure en silence.
Refrain :
Écoute mes échos, je te parle tout bas,
Dans mes chansons d’eau, dans mes bruits de pas.
Je suis la Terre, je chante pour toi,
Un cri d’espoir, ou la fin d’un combat.
Couplet 2 :
Les rivières me blessent, leurs larmes salées,
Les forêts se taisent, les oiseaux sont tombés.
Je garde le secret de milliers d’histoires,
Mais chaque jour qui passe efface ma mémoire.
Refrain :
Écoute mes échos, je te parle tout bas,
Dans mes chansons d’eau, dans mes bruits de pas.
Je suis la Terre, je chante pour toi,
Un cri d’espoir, ou la fin d’un combat.
Pont :
Dis-moi, m’entends-tu quand je danse sous la pluie ?
Dis-moi, vois-tu les étoiles que j’oublie ?
Si mes échos s’éteignent, que restera-t-il ?
Un désert de silence, ou un monde fragile ?
Refrain (final) :
Écoute mes échos, je te parle tout bas,
Dans mes chansons d’eau, dans mes bruits de pas.
Je suis la Terre, je chante pour toi,
Un cri d’espoir, ou la fin d’un combat.
Outro :
Je suis née d’un souffle, d’un frisson dans la nuit,
Ma voix est un murmure mais qui m’entend aujourd’hui ?
Je viens d’un endroit où l’on dit qu’il n’y a jamais deux sans… quarante-deux. Une terre aux chiffres mystérieux +242, le code aux racines profondes.
Je suis né au cœur battant de la Bouenza, dans un village nommé Madingou, précisément à Kiéni, en pleine tempête de guerre, là où le silence du ciel se faisait parfois mitraille.
Ma mère, Nkaya Nkengue Clotilde, femme de roc et de feu, m’a porté comme on sauve une étoile de l’oubli.
Sans elle, je n’aurais été qu’une promesse étouffée dans un placenta meurtri par les balles face aux rebelles.
Mais elle a tenu. Et moi, j’ai surgi. Guerrier d’amour dans un monde de déchirures.
J’ai appris tôt que pour être aimé, il fallait d’abord survivre. Et ensuite, faire aimer.
Aujourd’hui, je réside à Brazzaville et je me définis comme capitaine du fleuve, et j’ai dérivé jusqu’à la mer océane.
Hier, enfant du quartier Mbota Rock à Pointe-Noire, cette ville bleue me murmure encore ses vagues.
C’est là que j’ai grandi, entre sable et cris des femmes entrepreneures qui se baladent dans les quartiers avec des cuvettes de poissons de mer appelés makoula, sous le regard d’un père, Ange Babakila, qui chaque matin partait affronter le jour avec son appareil photo.
Je lui disais souvent :
– Papa, n’oublie pas le gâteau et le yaourt.
C’était simple et c’était souvent tout pour moi.
La photographie, ce métier de lumière de mon père, nourrissait mes rêves.
Grâce à elle, j’ai grandi. En taille, en âme, en vision.
Aujourd’hui, dans mon carquois, il n’y a pas qu’un seul trait.
Je suis photographe aussi, mais aussi infographiste, community manager, opérateur grutier de formation, vidéaste, créateur de contenu, monteur d’histoires en pixels, mannequin figé dans l’instant.
Je suis celui qui capte, qui façonne, qui élève.
Je suis ce cri de l’île, ce regard de l’intérieur.
Je suis le fils de Clotilde et d’Ange, mais aussi le frère des images, des mots et des élans.
Très tôt, à l’école primaire, au carrefour du silence et de la parole, j’ai appris à faire confiance aux mots.
Pour moi, ils savent de nous ce que nous ignorons d’eux. Tel un rêve qui connaît le chemin, je me laisse guider par mon profond sommeil intérieur.
Je grandissais comme un apprenti sage, façonné par l’apprentissage, devenu personnage créatif, souvent guidé par le langage aux longs métrages.
J’ai appris à écrire dans le noir, en pleine coupure d’électricité.
Peut-être est-ce de là que me vient cette quête de lumière.
Une lumière qui, depuis, ne me quitte plus.
Percussionniste dans un groupe tradi-moderne de Pointe-Noire, Africa-Dance, je martelais le rythme de mon identité.
Puis un jour, à Brazzaville, je me suis retrouvé derrière les poètes slameurs, avec mon instrument en main, mes résonances comme des claquettes de précision, porté par la cadence de la parole habitée.
Là, j’ai trouvé ma voix entre mes doigts, mes mots dans mes mouvements.
Et sur scène, je répondais : présent.
Je suis aujourd’hui membre du collectif Styl’Oblique, berceau de poètes et slameurs de Brazzaville.
Derrière ces géants de plume et de souffle, je me suis dressé, non pour briller, mais pour vibrer avec eux.
Puis un jour, l’art est devenu plaidoyer.
Je remporte mon premier prix international sur les droits humains, à travers un concours nommé Playdo’Art,
organisé par l’association Agir Ensemble pour les Droits Humains et le réseau DEFI.
Grâce à ce cocktail d’univers artistiques, musicien, slameur, poète, performeur, je décroche la deuxième place, et le prix de l’œuvre la plus émouvante.
Le thème choisi par moi : Les droits des malades mentaux aussi.
Un cri poétique, une alerte douce et ferme sur la stigmatisation, le silence,
et les défaillances dans la prise en charge, précisément en Afrique.
Un rappel de leur humanité.
Un appel à considérer la santé mentale comme un droit, pas une marge.
Je suis aussi président fondateur d’une association caritative nommée Impact DARE, qui milite pour les droits humains et lutte contre la délinquance juvénile, en venant en aide aux orphelins et aux enfants en situation de rue.
Parmi nos actions phares : Mercredi Marmite, une forme de cantine de rue qui rassemble les enfants en situation de rue autour d’une même table de famille.
Nous, les bénévoles, nous mettons en tablier pour les servir à manger, les écouter, et les orienter vers des lendemains possibles.
Dans ma lutte, tout se construit dans une dimension profondément humaine.
De rien ne viendra rien. Faisons donc notre part.
Soyons capteurs de l’énergie du monde, au service d’idéaux qui dépassent les hommes, et qui nous imposent, aujourd’hui plus que jamais, de changer d’imaginaire,
de réhabiliter le champ collectif, de recréer du souhaitable ensemble.
Rien n’est acquis. Rien n’est donné.
Mais tout reste encore possible.
Alors je suis celui qui avance, avance,
dans le rythme fécond de la création de mon univers intérieur.
J’avance pour rendre inévitable et contagieux le langage, la littérature, le souffle poétique, au chant des possibles de ma transe de plume interne.
Et j’écris, comme d’autres plantent des arbres, pour ne pas vivre inutile.
Aujourd’hui, deuxième prix au CSF.
Demain ?
Le voyage reste encore à découvrir.
Cœur Salé
Sous mes paupières, un monde en retard,
Des villes qui trébuchent, des rêves épars.
Le ciel se plisse comme un vieux parchemin,
Les étoiles clignotent en langage lointain.
J’ai la mer au ventre et le sable aux lèvres,
Un goût d’orage, un écho qui s’achève.
Couplet 1
Seras-tu là ce matin à marcher sur mes dunes,
Effacer le poids des larmes nocturnes
J’attends, suspendue, entre terre et poussière,
Un battement sourd dans le creux des frontières.
Touche-moi, je suis l’asphalte et la brise,
Les vestiges d’hier que demain dévalise.
Refrain
Je suis la Terre, ton cœur salé,
Un refrain perdu, un souffle voilé.
Tu bois mes rivières, tu creuses mes veines,
Et pourtant je tiens, je tiens quand même.
Je suis la Terre, un cri léger,
Un mirage flou, un rêve figé.
Couplet 2
Sous mes collines, des promesses pliées,
Des souvenirs flous, des ombres emmêlées.
Chaque fissure est une lettre sans réponse,
Chaque vent un murmure, une absence qui ronce.
Dis-moi, vois-tu mes cicatrices en pleurs,
Ou suis-je juste un décor sans couleur
Refrain
Je suis la Terre, ton cœur fêlé,
Un chant fragile, un monde oublié.
Tu brûles mes rivières, tu pèses mes peines,
Et pourtant je danse, je persévère.
Je suis la Terre, un cri brisé,
Un écho fané, un rêve blessé.
Couplet 3
Je suis l’ellipse d’un monde en errance,
L’oxymore d’un futur en latence.
J’écris des poèmes dans la boue des rivières,
Entre chiasme et silence, je danse, je persévère.
Mes montagnes soupirent, mes déserts s’étirent,
Et toi, tu consommes, tu consumes, tu respires.
Refrain
La misère de la Terre
Couplet 1 :
Je suis fatiguée, ma peau brule sous le feu,
Mes rivières s’assèchent, mes forêts pleurent un peu.
Chaque souffle que j’aspire est devenu un cri,
Je t’ai donné tout ce que j’avais, mais tu m’as trahie.
Refrain :
Oh, tu ne vois pas, tu ne sens pas ma douleur,
Je suis cette Terre, qui perd de sa couleur.
Tout ce que je t’offrais, tu l’as pris sans retour,
Maintenant je saigne, et toi, tu restes sourd.
Couplet 2 :
Les glaciers fondent, mes enfants disparaissent,
Le vent me brule, les vents de la détresse.
Je me débats entre les vagues et la pollution,
Je suis une mère lasse, noyée dans la confusion.
Refrain :
Oh, tu ne vois pas, tu ne sens pas ma douleur,
Je suis cette Terre, qui perd de sa couleur.
Tout ce que je t’offrais, tu l’as pris sans retour,
Maintenant je saigne, et toi, tu restes sourd.
Couplet 3 :
Quand j’étais fertile, tu m’as adorée,
Aujourd’hui je crie, mais tu m’as oubliée.
Mes oiseaux s’en vont, mes racines se fanent,
Sous tes pas pressés, mes espoirs se dissipent.
Refrain :
Oh, tu ne vois pas, tu ne sens pas ma douleur,
Je suis cette Terre, qui perd de sa couleur.
Tout ce que je t’offrais, tu l’as pris sans retour,
Maintenant je saigne, et toi, tu restes sourd.
Je vous remercie de tout cœur pour ce merveilleux message et pour cette belle surprise !
Je m’appelle Livia et je suis une jeune femme originaire de la République de Moldavie, passionnée par les mots, les gens et la musique.
L’écriture est pour moi une forme de liberté, un espace où je peux dire ce qui reste souvent tu dans la vie de tous les jours.
J’ai commencé à écrire dès l’enfance, guidée par les émotions, la curiosité et le désir de comprendre le monde.
La poésie me permet de toucher des états, des pensées…
La musique, elle aussi, prolonge cet univers – j’écoute, je fredonne, je me retrouve dans les paroles et les rythmes.
J’aime observer les gens, écouter leurs histoires, prêter attention aux détails.
Les mots ne sont pas que des sons ou des signes – ils ont le pouvoir de relier, de guérir, de construire.
Participer à ce concours a été une occasion d’écouter plus profondément ma voix intérieure et de la partager avec les autres.
Les Murmures de la Terre
I
Sous tes pas, je soupire doucement,
Sous le ciel clair, je m’étends pleinement.
Les rivières dansent, les montagnes ploient,
Mais dans mes rêves, tout reste en émoi.
Refrain :
Écoute-moi, je suis un chant vivant,
La voix des forêts, des océans vibrants.
Des pluies, des flammes, je renais toujours,
La Terre est à toi, un souffle d’amour.
II
Dans les vents froids, dans les champs dorés,
Je garde en moi des secrets voilés.
Ton monde écrit l’histoire en mon sein,
Mais je t’en prie, protège mes chemins.
Refrain :
Écoute-moi, je suis un chant vivant,
La voix des forêts, des océans vibrants.
Des pluies, des flammes, je renais toujours,
La Terre est à toi, un souffle d’amour.
III
Si tu dansais avec les étoiles,
Avec les feuilles, dans l’air qui s’emballe,
Je m’éveillerais, je rayonnerais,
Dans ta chanson, je renaîtrais.
Refrain :
Écoute-moi, je suis un chant vivant,
La voix des forêts, des océans vibrants.
Des pluies, des flammes, je renais toujours,
La Terre est à toi, un souffle d’amour
‘Liseuse, raconteuse, tisseuse de petits poèmes et de grandes amitiés’ : voici la réponse que j’ai donnée à une amie qui m’avait demandé de me décrire en dix mots (tout comme les dix mots autour desquels je me suis tant amusée à composer ma chanson de la Terre).
Un autoportrait plus long parlerait certainement de la Grande-Bretagne, ce deuxième pays où j’habite depuis des décennies mais surtout de la langue française dans toutes ses formes, qui est, finalement, ce magnifique pays où j’aime vivre.
Je suis « entrée en poésie » il y a un peu plus de cinq ans à la suite d’une tragédie familiale. L’écriture s’est alors imposée à moi et m’a aidée à me reconstruire.
Depuis, j’écris des petites fables et histoires – principalement en vers – pour enfants et des poèmes pour tous, résolument optimistes et d’un accès volontairement simple. J’aime penser à eux comme autant de réponses légères aux coups durs de la vie et de baumes pour nos cœurs malmenés.
Je suis particulièrement heureuse que ma valse de la Terre ait été choisie par Chansons Sans Frontières. Ce concours tient en effet une place privilégiée dans mon cœur : avoir été primée en 2023 m’a donné confiance et m’a encouragée à continuer sur ce chemin de l’écriture. C’est aussi grâce à lui qu’à partir de ma chanson sans frontières est née une amitié sans frontières qui m’est très précieuse. Je vous en suis redevable et vous en remercie de tout cœur !
Passé – Présent – Futur
Dans les grands bals d’hier
Du système solaire,
J’étais tellement fière
Que ce soit moi la Terre !
Glanant les compliments,
Dans ma belle parure
Couleur de l’océan
Et brodée de verdure,
J’aimais tant tournoyer,
Arborant mes forets,
Mes belles canopées,
Mes vertes palmeraies
Je tourne, tourne, tourne,
Depuis la nuit des temps.
Je danse, danse, danse,
Une valse à trois temps.
Je chante, chante, chante,
Pour bercer les vivants.
Aujourd’hui le soleil
S’inquiète de ma mine.
Il voit que moins d’abeilles
De fleur en fleur butinent,
Que mes poissons se meurent,
Que mes beaux glaciers fondent,
Et que je n’ai plus coeur
À rentrer dans la ronde :
Il faut que tes humains
Débroussent leurs esprits
Et comprennent enfin
Où mènent leurs folies !
Je tourne, tourne, tourne,
Depuis la nuit des temps.
Je danse, danse, danse,
Une valse à trois temps.
Je chante, chante, chante,
Pour calmer mon tourment.
J’ai peur de l’avenir
Pour moi et mes enfants,
Qui m’ont tant fait souffrir
Mais que j’aime pourtant.
Leurs profondes empreintes
M’ont piétiné le coeur.
Mais qui entend ma plainte ?
Qui comprend ma douleur ?
Je tremble quand je pense
À ce temps qui m’effraie,
Où mon chant et ma danse
Cesseront à jamais
Je tourne, tourne, tourne,
Depuis la nuit des temps.
Je danse, danse, danse,
Cette valse à trois temps.
Je chante, chante, chante,
MAIS POUR COMBIEN DE TEMPS ?
Je m’appelle Pascal Haumont, je suis Belge et habite à Binche, ville mondialement connue pour son carnaval … c’est du moins ce que pensent les Binchois 🙂 .
J’aime écrire des scénarios de BD, mais ne sais pas dessiner. J’aime écrire des textes de chansons, mais ne sais pas composer.
Votre concours fut donc une vraie opportunité, et j’ai pu enfin ‘entendre‘ un de mes texte (‘extinction’). C’était lors de l’édition 14 (comme le temps passe !) et depuis, je participe chaque année.
J’aime inventer et raconter des histoires, aux enfants comme aux adultes. J’écris aussi des nouvelles (N’étant pas écrivain, je privilégie ce format court).
Je lis pas mal de BD et de romans, avec une préférence pour la science fiction.
Je suis à la retraite depuis Novembre 2024 et Anne, ma compagne, depuis mars 2025. Quelle joie !!! Enfin du temps pour voyager, boire l’apéro, bricoler, jardiner, jouer du tambour, randonner, reboire l’apéro, …et surtout profiter de nos 6 petits enfants !
Pas touche
Quand je t’ai vu marcher puis tailler du silex
J’étais admirative quoiqu’un p’tit peu perplexe
Mais quand t’as foutu l’feu sans le moindre complexe
J’étais beaucoup moins sûre sans accent circonflexe
Oh, Allumer le feu j’en jauni a l’idée
Bruler mes palmeraies, mes forêts d’orchidées
J’ai regretté le temps où tu glanais des fruits
a quat’ pattes dans le bush sans éclairer mes nuits
Alors je chante
REFRAIN
Pas touche Sapiens, oh non pas touche !
Tu casses tout c’que tu touches
Pas touche Sapiens, oh non pas touche
Tu casses tout c’que tu touches
Et voilà qu’aujourd’hui ex roi d’la canopée
Tu regardes hanouna vautré dans l’canapé
Cherche les solutions au lieu d’procrastiner
Ou tu n’entendras plus les abeilles butiner
Mais t’en veux toujours plus, tu n’es jamais content
Tu te sers du vivant, à peine conséconscient
Tu craches du carbone, tu bricoles l’atome
Tu niques mes biomes, le tiens aussi petit homme
Alors je chante
REFRAIN
En trois quatre cent mille ans, pour moi juste un clin d’œil
T’as fait de mon Eden un vaste et triste cercueil
Une serre étouffante et un terrain de jeu
Pour les eaux déchainées et les langues de feu
Tu veux t’sauver sur mars, comment ? En bateau mouche ?
Il est trop tard bonhomme, t’as brûlé tes cartouches
Et puis n’entends-tu pas la voix d’la planète rouge
Qui te chante avec moi, pas touche, Sapiens, pas touche !
REFRAIN
Je vous remercie du fond du cœur pour ce prix. C’est bien plus qu’un honneur : c’est une lueur dans l’obscurité, un souffle qui me rappelle que les mots peuvent encore éveiller les consciences.
Je suis un jeune Malgache, juriste, père d’une petite fille d’un an et demi, et chaque jour, je me bats. Je me bats contre le changement climatique qui dévore nos terres, contre la pauvreté qui vole nos enfances, contre les injustices silencieuses qui gangrènent les esprits. On me dit souvent que je suis rebelle. Peut-être. Mais comment rester docile lorsque la dignité humaine est foulée au pied ? Lorsque l’on voit un enfant dormir sous un pont tandis que d’autres banquettent dans l’indifférence ? Je refuse de me taire. Je refuse de m’habituer à l’inacceptable.
L’écriture est ma manière de résister. Elle est mon cri, mon chant, ma prière. J’aime la langue de Shakespeare autant que celle de Molière. Depuis l’enfance, je me suis perdu dans les pages des romans, espérant y trouver des clés pour ouvrir les chaînes qui enferment mon peuple. Chaque livre lu est une pierre de plus pour bâtir un rêve de justice. Le soir, autrefois, quand l’électricité nous quittait, nous sortions avec mes amis, guitares à la main, bières à la bouche — non pas pour fuir la réalité, mais pour la chanter. Pour se rappeler qu’avant d’être adultes blessés, nous étions enfants rêveurs. Nous le faisons encore. Parce que dans nos chansons résonne la voix d’un peuple qui refuse de mourir en silence.
J’aime marcher dans la nature, là où la vie n’a pas encore été défigurée par l’homme. J’y observe les merveilles oubliées du monde, et je chante, seul, pour ceux qui n’ont plus de voix. Je lis les autobiographies comme d’autres lisent des oracles. Celle de Saint Augustin, Les Confessions, m’a marqué à jamais. Elle m’a appris que la quête de vérité est un chemin douloureux, mais nécessaire.
Mon plus grand rêve ? Fouler un jour le sol de France. Me recueillir à Lourdes. Y déposer mes douleurs, mes doutes, mes combats. Pas pour m’en libérer, mais pour leur donner un sens.
J’ai grandi avec peu, mais avec l’essentiel : une mère courage. Elle m’a élevé seule, debout face à la misère. Elle se levait à l’aube pour m’acheter un morceau de pain, rentrait tard le soir, le visage marqué par la fatigue, portant du riz dans ses bras comme un trésor. Elle n’a jamais cessé de croire en l’avenir, même quand tout semblait perdu. Ce prix est aussi le sien. C’est à elle que je le dédie, à cette femme silencieuse et héroïque, qui m’a appris que la dignité ne se mendie pas : elle se défend, chaque jour, avec les moyens qu’on a.
Ce texte, je l’écris également en mémoire de mon parrain français, Docteur Jean-Pierre Merrien, breton au cœur vaste, qui m’a offert l’amour des mots, de la langue française, de la poésie. Ce prix, je le dédie aussi à un autre homme de combat, le père Pedro Opeka, qui se bat avec dignité pour les enfants abandonnés, pour les exclus, pour ceux que la société moderne préfère ignorer.
À travers eux, à travers cette reconnaissance que vous m’offrez, je comprends que même les voix venues de loin peuvent encore toucher les cœurs. Et je promets, tant que je respire, de continuer à écrire, à dénoncer, à espérer.
Avec gratitude et révolte,
ANDRIAMIARISOA Tojoniaina Fanambinana
Cicatrices d’espoir
COUPLET 1
J’ai vu un enfant, nu-pieds sous les décombres,
Écrire la paix avec un clou rouillé.
Ses mains, parchemin de brûlures et de cendre,
Ont gravé ton nom, Liberté, dans la cendre.
PRÉ-REFRAIN
Quand les sirènes ont couvert son murmure,
Il a dansé sous les rafales et chanté pour l’avenir.
REFRAIN
Écoutez la Terre, elle saigne en cadence,
Ses fleurs sont des poings levés dans le silence.
Chaque mot étouffé devient un tambour,
L’horizon a les cicatrices de l’amour.
Oh, prenez mes chaînes, mais pas mon délire,
Je suis l’encre qui refuse de se taire !
COUPLET 2
Ma mère disait : »Les murs ont des entrailles,
Mais le ciel entier est notre semaille ».
J’ai brodé mes rêves dans un drapeau de suie,
Chaque fil arraché un droit enfoui.
PONTE
Un cri s’est perdu entre braises et prières,
Il germe aujourd’hui . Ecoutez-le en terre
REFRAIN FINAL
C’est la Terre qui chante, meurtrie mais rebelle,
Elle porte en ses veines le cri éternel.
Même la nuit vole un sourire à l’aurore,
Nos gorges enchaînées hurlent des météores !
(Dernier murmure, a cappella)
« Je suis toi. Tu es moi. Frontières, poussière.
Le monde renaîtra d’une paupière claire. »x2
Bonjour les amis,
Je m’appelle Kpada Takoya. 33 ans. Je viens du Togo. Aux fidèles de Chansons Sans Frontières, ce nom doit dire quelque chose. En effet, j’étais déjà lauréat en 2022 avec le 1er prix Région Normandie et en 2023 avec une mention spéciale. Juriste de profession, je suis un grand amateur de musique (avec un penchant pour le Jazz) et surtout de poésie.
Une fois encore, je suis très heureux de retrouver mon texte parmi ceux retenus par le jury cette année. Cette mention spéciale signifie beaucoup pour moi, en ce sens qu’elle m’aide à prendre encore plus confiance vis-à-vis de mon écriture. J’ai longtemps écrit pour moi-même, et même à chaque fois que j’ai eu à publier mes textes (sur Internet essentiellement), j’ai toujours eu un petit doute, une petite appréhension… Mais depuis mon aventure avec Chansons Sans Frontières, je me libère de plus en plus, d’autant plus que les thèmes du concours constituent toujours un vaste champ d’inspiration. Je dirais donc en somme que ces récompenses me donnent l’envie d’aller plus loin dans mon écriture, d’explorer d’autres styles, d’autres horizons.
Pour cela je vous dis un sincère merci du fond du cœur ! Merci de nous donner l’occasion de faire parler nos plumes et de marier nos mots aux gammes.
Merci la Normandie ! Merci Chansons Sans Frontières et vive la musique !
Maman dit quelque chose
Dans ce silence
Qui fait mal aux oreilles,
Qui torture le sommeil,
Je vous regarde rêvasser
Sans voir le temps passer.
Je vous vois hocher la tête
Comme pour dire « Oui c’est chouette ! »
Mais je sais déjà bien
Que vous n’entendez rien.
Je le vois dans vos yeux
Remplis de lumière bleue.
Moi, ma belle robe bleue
Est de plus en plus sale.
Le temps passe et j’ai mal.
Combien de temps encore
Va durer ce décor ?
En attendant,
[Refrain]
Maman dit quelque chose
Si seulement vous saviez
Maman dit quelque chose
Ah ! Si vous écoutiez?
C’est si simple et pourtant
Ça vaut bien votre temps
Maman dit quelque chose
Maman dit quelque chose
Dans ce silence
Où vos yeux éblouis
Ne savent plus où je suis
Je sais, je me fais vieille
Il y a bien d’autres merveilles.
Mais ma voix reste la même
Et elle chante le même thème
Elle a tant à vous dire
Tant de vie à offrir
Tant d’amour et d’avenir.
Mais il y a bien longtemps
Qu’elle se perd dans le vent
Puisque sur son chemin
Elle a beau les toucher,
Vos oreilles sont bouchées
Mais en attendant,
[Refrain]
Maman dit quelque chose
Si seulement vous saviez
Maman dit quelque chose
Ah ! Si vous écoutiez?
C’est si simple et pourtant
Ça vaut bien votre temps
Maman dit quelque chose
Maman dit quelque chose
Quand vous aurez fini
De jouer aux génies,
Aux révolutionnaires
Sur vos pianos éphémères ;
Quand vos beaux yeux rougis
Par tant d’années de magie
Se tourneront vers moi,
J’aurai perdu ma voix.
Et loin de mes couleurs
Vous tremblerez de peur
En voyant mon silence
Peser dans votre silence
Mais en attendant,
[Refrain]
Maman dit quelque chose
Si seulement vous saviez
Maman dit quelque chose
Ah ! Si vous écoutiez?
C’est si simple et pourtant
Ça vaut bien votre temps
Maman dit quelque chose
Maman dit quelque chose
Maman dit quelque chose
Maman dit quelque chose?
Je m’appelle Lana, j’ai 16 ans et je viens du Liban. J’écris pour exprimer ce que je ressens profondément, pour donner une voix aux silences, aux émotions, à ce qui mérite d’être écouté. La musique m’inspire beaucoup. Elle me connecte à ce que je veux dire, m’aide à trouver le bon rythme et l’émotion juste. J’aime observer, lire, écouter, ressentir. Je suis très attirée par tout ce qui touche l’humain et la nature.J’ai participé au concours parce que le thème m’a parlé immédiatement. J’ai eu envie d’imaginer ce que la Terre nous dirait si on l’écoutait vraiment. Mon texte est une voix douce, mais urgente.
La terre en silence
J’ai vu des soleils mourir à l’horizon,
Des cendres tomber sur mes moissons.
J’ai entendu des rires se perdre dans l’air,
Et des promesses glisser dans les courants mers.
Sous mes arbres, des vies s’éveillaient,
Dans mes rivières, le temps s’écoulait.
Mais tes pas ont fait trembler ma peau,
Et mes murmures se perdent dans l’écho.
Refrain
Si la Terre chantait, que dirait sa voix ?
Un cri d’amour ou un dernier au revoir ?
Je suis ton abri, ton premier refuge,
Mais mes saisons s’effacent quand tout s’use.
Écoute mes battements, ressens ma chaleur,
Avant que le silence ne prenne mon coeur.
Chaque pierre porte l’empreinte d’un rêve,
Chaque grain de sable connait la trêve.
Mais mes océans montent, mes collines s’effondrent,
Et mes champs se fanent quand tes villes grondent.
Je suis la mémoire de tes débuts,
Un livre ouvert que tu n’as jamais lu.
Donne-moi un instant, tends-moi la main,
Et je te guiderai vers des jours plus sereins.
Refrain
Je ne suis qu’une âme sous tes pieds,
Un monde fragile à protéger.
Si tu me perds, tu perds ton histoire,
Il est encore temps d’écrire la victoire.
Si la Terre chantait, elle chanterait pour toi,
Une mélodie douce, une lueur d’autrefois.
Je suis ton abri, ton dernier combat,
Mais n’attends pas qu’il soit trop tard pour ça.
Refrain
Sous ton regard, je rêve encore,
De jours où l’amour réchauffe l’aurore.
Si la Terre chantait, ce serait pour toi,
Pour t’aimer encore une dernière fois.