Et si la Terre chantait ?

CSF#19, vos mots résonnent !

 992 TEXTES REÇUS DE 106 PAYS DANS LE MONDE

En ces temps où l’on oublie souvent la planète qui nous accueille et nous fait vivre, vous avez écrit des textes émouvants, violents parfois désespérés , d’autres qui portent vos rêves, vos engagements, votre désir d’imaginer une planète partagée, un jardin pour tous les vivants.

Le thème d’écriture de cette 19ème édition était Et si la Terre chantait ? en lien avec Dis-moi dix mots pour la planète. Vous avez relevé le défi d’écrire un texte de chanson en français, d’entrer en jeu avec d’autres écrivains du monde entier. Un grand Merci et Bravo à toutes et tous de votre participation.

Bravo à tous pour vos participations, vous avez été inspirés, créatifs, engagés dans l’écriture ! 🎶✍️💭
Découvrez maintenant les textes lauréats, leurs autrices et auteurs.

Les chansons lauréates chantées par ADELYS

PRIX ET MENTIONS + DE 20 ANS

1er prix Région Normandie
Kamila Abdilah, 21 ans, Comores   #862  –  Échos de la Terre

2ème prix
Ange Christ Divin Babakila, 26 ans, Congo   #907 – Cœur Salé

Prix français langue maternelle ex aequo
Chloé Gallien, 65 ans,  Angleterre   #70 – Passé – Présent – Futur
Pascal Hamont, 65 ans, Fr-Belgique   #226   -Pas touche

Mention spéciale poésie grand jury Sacem
Tojoniaina Fanambinana Andriamiarisoa, 31 ans, Madagascar  – # 797  Cicatrices d’espoir

Mention spéciale grand jury Sacem
Kpada Takoya, 33 ans, Togo – #944   – Maman dit quelque chose

PRIX ET MENTIONS – DE 20 ANS

1er  prix Jeune public
Georgi Kalanov, 14 ans, Grèce   #865  – La misère de la Terre

2ème  prix jeune public
Livia Cebotarescu
, 16 ans, Moldavie –  #240 – Les Murmures de la Terre

Mention spéciale poésie jury Jeune Public
Touma Lana,
15 ans, Liban   #740 – La terre en silence

Les lauréats

Les mentions

Protrait Tojoniaina Fanambinana  Andriamiarisoa

Tojoniaina Fanambinana Andriamiarisoa, 31 ans, Madagascar

Je vous remercie du fond du cœur pour ce prix. C’est bien plus qu’un honneur : c’est une lueur dans l’obscurité, un souffle qui me rappelle que les mots peuvent encore éveiller les consciences.

Je suis un jeune Malgache, juriste, père d’une petite fille d’un an et demi, et chaque jour, je me bats. Je me bats contre le changement climatique qui dévore nos terres, contre la pauvreté qui vole nos enfances, contre les injustices silencieuses qui gangrènent les esprits. On me dit souvent que je suis rebelle. Peut-être. Mais comment rester docile lorsque la dignité humaine est foulée au pied ? Lorsque l’on voit un enfant dormir sous un pont tandis que d’autres banquettent dans l’indifférence ? Je refuse de me taire. Je refuse de m’habituer à l’inacceptable.

L’écriture est ma manière de résister. Elle est mon cri, mon chant, ma prière. J’aime la langue de Shakespeare autant que celle de Molière. Depuis l’enfance, je me suis perdu dans les pages des romans, espérant y trouver des clés pour ouvrir les chaînes qui enferment mon peuple. Chaque livre lu est une pierre de plus pour bâtir un rêve de justice. Le soir, autrefois, quand l’électricité nous quittait, nous sortions avec mes amis, guitares à la main, bières à la bouche — non pas pour fuir la réalité, mais pour la chanter. Pour se rappeler qu’avant d’être adultes blessés, nous étions enfants rêveurs. Nous le faisons encore. Parce que dans nos chansons résonne la voix d’un peuple qui refuse de mourir en silence.

J’aime marcher dans la nature, là où la vie n’a pas encore été défigurée par l’homme. J’y observe les merveilles oubliées du monde, et je chante, seul, pour ceux qui n’ont plus de voix. Je lis les autobiographies comme d’autres lisent des oracles. Celle de Saint Augustin, Les Confessions, m’a marqué à jamais. Elle m’a appris que la quête de vérité est un chemin douloureux, mais nécessaire.

Mon plus grand rêve ? Fouler un jour le sol de France. Me recueillir à Lourdes. Y déposer mes douleurs, mes doutes, mes combats. Pas pour m’en libérer, mais pour leur donner un sens.

J’ai grandi avec peu, mais avec l’essentiel : une mère courage. Elle m’a élevé seule, debout face à la misère. Elle se levait à l’aube pour m’acheter un morceau de pain, rentrait tard le soir, le visage marqué par la fatigue, portant du riz dans ses bras comme un trésor. Elle n’a jamais cessé de croire en l’avenir, même quand tout semblait perdu. Ce prix est aussi le sien. C’est à elle que je le dédie, à cette femme silencieuse et héroïque, qui m’a appris que la dignité ne se mendie pas : elle se défend, chaque jour, avec les moyens qu’on a.
Ce texte, je l’écris également  en mémoire de mon parrain français, Docteur Jean-Pierre Merrien, breton au cœur vaste, qui m’a offert l’amour des mots, de la langue française, de la poésie. Ce prix, je le dédie aussi à un autre homme de combat, le père Pedro Opeka, qui se bat avec dignité pour les enfants abandonnés, pour les exclus, pour ceux que la société moderne préfère ignorer.

À travers eux, à travers cette reconnaissance que vous m’offrez, je comprends que même les voix venues de loin peuvent encore toucher les cœurs. Et je promets, tant que je respire, de continuer à écrire, à dénoncer, à espérer.

Avec gratitude et révolte,

ANDRIAMIARISOA Tojoniaina Fanambinana

Cicatrices d’espoir

COUPLET 1
J’ai vu un enfant, nu-pieds sous les décombres,
Écrire la paix avec un clou rouillé.
Ses mains, parchemin de brûlures et de cendre,
Ont gravé ton nom, Liberté, dans la cendre.

PRÉ-REFRAIN
Quand les sirènes ont couvert son murmure,
Il a dansé sous les rafales et chanté pour l’avenir.

REFRAIN
Écoutez la Terre, elle saigne en cadence,
Ses fleurs sont des poings levés dans le silence.
Chaque mot étouffé devient un tambour,
L’horizon a les cicatrices de l’amour.
Oh, prenez mes chaînes, mais pas mon délire,
Je suis l’encre qui refuse de se taire !

COUPLET 2
Ma mère disait : »Les murs ont des entrailles,
Mais le ciel entier est notre semaille ».
J’ai brodé mes rêves dans un drapeau de suie,
Chaque fil arraché un droit enfoui.

PONTE
Un cri s’est perdu entre braises et prières,
Il germe aujourd’hui . Ecoutez-le en terre

REFRAIN FINAL
C’est la Terre qui chante, meurtrie mais rebelle,
Elle porte en ses veines le cri éternel.
Même la nuit vole un sourire à l’aurore,
Nos gorges enchaînées hurlent des météores !
(Dernier murmure, a cappella)
« Je suis toi. Tu es moi. Frontières, poussière.
Le monde renaîtra d’une paupière claire. »x2

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