Une édition planétaire !

Affiche concours CSF#11

Quel voyage que celui de vos textes, amis écrivains autour du monde.
Vous avez relevé avec beaucoup de talent et de richesse ce défi improbable :
écrire à la Terre !

La Terre admirée, célébrée, remerciée ; la Terre maltraitée, polluée, exploitée ; la Terre qui se fâche et cause la mort ; la Terre à qui l’on confie peines, joies ou peurs comme à une amie complice. Dans votre écriture, vous vous êtes engagé fortement sans jamais oublier la poésie et la force des mots. Ecris en grande majorité par des personnes très jeunes, vos textes sont souvent porteurs d’espoir, de propositions et de colère tout à la fois. Ils sont une promesse d’avenir pour la Terre et ses habitants.

« Écrire une lettre à la Terre », c’était le thème de cette 13ème édition en lien avec « Dis-moi dix mots sous toutes les formes ». Une invitation à écrire à la Belle Bleue, la Mère Terre fertile, puissante qui nous accueille et porte la mémoire de l’histoire humaine, de nos savoirs et héritages millénaires. Pour cette édition, nous avons reçu 935 textes de 128 pays tout autour du monde.

Prenez le temps de découvrir les textes lauréats tous très beaux et très différents car la Terre, les langues et les cultures de ses habitants sont nos richesses communes.  Retrouvez ces textes en musique après la remise de prix.

 

1er Prix : Emna Maklouf, 22 ans, Tunisie
Texte : Lettre souhait (ou souhait de l’être)2ème prix : Nirina Simonella Rakotondramiarana,
27 ans, Madagascar
Texte : Le petit terrienPrix Jeune Public : Eloïse Gagnon, 15 ans, Canada
Texte : C’est à moi de déciderPrix Français langue maternelle : Pascal Haumont,
58 ans , Belgique
Texte : Extinction

Mention spéciale du jury : Teodora Koleva, 32 ans Bulgarie
Texte : A la recherche du bonheurMention originalité : Abdoul Karim Koné, 35 ans, Burkina Faso
Texte : Direction d’un œufMention spéciale du jury, catégorie Français langue maternelle
Olivier Subrin
, 50 ans, Belgique – Texte : Le spleen de l’astronauteMention spéciale du jury Jeune Public :
Simran Permal, Lavinia Kleinermann et Asya Slama,
13 ans, Égypte – Texte : TranseMention originalité du jury Jeune Public : Jesse Dubé, 15 ans, Canada
Texte : SaturneMention spéciale poésie du jury Jeune Public : Stéphane Gnondoli,
11 ans, Togo, Burundi – Texte : Terre, comme tu es belle

Soirée concerts et remise de prix, une grande fête ! 

3 concerts, des invités surprise, la remise de prix du concours en présence de la lauréate du 1er prix Normandie pour la Paix, de vraies chansons pour de vrais gens, des musiques d’ici et d’ailleurs, …

13ème édition, Chansons sans Frontières invite le chanteur Tété, Gallera Social Club et Couleur Terre, des artistes qui tissent mots et musique aux couleur de la planète, de ses contrastes et ses richesses.

Pour tout savoir sur la soirée …

Cliquez ICI

Affiche soirée de remise des prix CSF#11

Les lauréats

Affiche concours CSF#11

Emna Makhlouf, 22 ans, Tunisie

Je suis Emna Makhlouf, 22 ans, étudiante à la Faculté de Médecine de Tunis.
J’essaye de travailler dans le cadre de la vie associative pour les droits de l’Homme et la paix. J’aspire à devenir activiste dans ces domaines ainsi que celui de la cause environnementale.
Mon rêve est de devenir écrivaine.
Dans le monde trop carré de la science et de la médecine, l’Art et la littérature sont mes amies de cœur. Écrire a toujours été pour moi, comme une seconde vie. Tantôt une passion, un refuge, une méditation et peut-être même un destin.

Cet amour des mots, j’ai eu la chance de l’exprimer en chanson à travers Chansons Sans Frontières. Je ne peux être plus reconnaissante à toute l’équipe d’avoir insufflé de la musique dans ma vie.

Lettre-souhait (ou Souhait de l’être)

Raconte-moi
Ce que tu deviens.
Je suis partie malgré moi
Sans me retourner ?
Le ciel est bien confortable
Je dors parmi les étoiles…
Nue, sans oreiller.
Raconte-moi.
Je dors dans les bras de la lune
Bien au chaud, recroquevillée.
Je lui tiens compagnie,
Quand elle n’est pas entière
Et il suffit qu’on soit deux
Pour être au complet.

REFRAIN
Montre-moi ce que tu portes
Dans la paume de ta main
Des laves furieuses
une poignée de jasmin
Embrase le souffle des lignes
Qui racontent la vie ;
Les bourgeons naissants et l’hiver lointain.

Raconte-moi,
Petite perle bleue.
De là-haut, je veille sur toi.
Des échos parviennent au ciel
Que je ne déchiffre pas.
Alors dis-moi de tes nouvelles.
Raconte-moi,
Petite perle bleue.
Mon télescope te regarde,
Droit dans les yeux.
Dans tes pupilles, tu gardes
Des gribouillis humains.
Et je n’y comprends rien.

REFRAIN

Tu sais quoi…

Montre-moi ce que tu portes
Dans la paume de ta main
Je ne suis pas diseuse de bonne aventure
Mais j’aperçois là un matin
Une aurore au bout du tunnel
Qui dissipe l’orage, lui coupe le chemin.
Dis-moi.
Depuis que je suis partie,
Cent années sont nées
Et milles lumières…
Depuis que je suis partie,
Sont-ils plus cléments ?
A Gaia, font-ils leurs prières ?
Raconte-moi,
Petite grande mère,
Les pages que tu as tournées.
J’espère…
Que ce sont les moins gaies
Que tu as laissé derrière.

REFRAIN

J’espère ?
Plus de caresses pour plus de feuilles
Pour plus de racines qui s’entrelacent,
Dans plus de terre encore plus sainte,
Entre plus de vers sous moins d’asphalte.
Plus de danses pour plus de rythmes
Pour plus de gouttes sur plus de fleurs.

Pour plus d’amour pour tous les cœurs.
Plus de partage pour moins d’égo
Pour plus de sens pour moins d’errance
Dans les apparences, pour plus de mots
Écrits à l’encre, plantés dans le ventre
Pour plus de vie à récolter sur les visages.

Que la vérité s’affranchisse des nuages.
Que la lumière devienne reine
Qu’il y ait moins de sang déversé
Que le soleil habite nos veines.

Affiche concours CSF#11

Nirina Simonella Rakotondramiarana, 27 ans, Madagascar

Ici la grande île de Madagascar. Moi c’est Nirina Simonella RAKOTONDRAMIARANA. Oui, mon nom de famille est très… malgache. J’ai 27 ans et j’œuvre pour l’épanouissement personnel des enfants issu d’un quartier vulnérable à Toamasina, en tant que « travailleur social » et au sein d’un groupe dénommé « Harmonie » (qui est à la fois une école et un centre d’accueil). En même temps j’aide les enfants à progresser dans la langue française, l’histoire et la géographie ainsi que l’éducation civique (mes matières préférées, à l’époque où j’étais écolière). Je parviens mieux à les former à travers le théâtre, les ateliers de lecture, d’écriture et des jeux de groupes.  L’année dernière, je donnais également des cours de français aux apprenants de l’Alliance Française de Toamasina.

La langue de Molière m’a attirée depuis ma plus tendre enfance. Du temps où je n’arrivais pas encore à lire toute seule, ma tante le faisait pour moi et, alors, je m’émerveillais en entrant dans l’univers des héros de la bibliothèque rose (Le club des cinq, Fantômette, Candy, …). De là est né ma passion pour l’écriture.

Dès lors, la lecture et l’écriture sont devenues pour moi « une seconde nature ». Je m’évade également au travers de la musique, des promenades en pleine nature et des voyages. Pour moi, ce sont des excellentes sources de courage et d’inspiration.

Bien que fière de la langue de mes ancêtres, le français est encore pour moi le moyen le plus simple et le plus riche pour composer des écrits artistiques. Mon projet est alors d’écrire un roman bilingue, en malgache et en français, et qui concernera mon cher pays : la terre de Madagascar.

En 2011, la composition d’un texte pour le concours « dis-moi dix mots » m’a permis de découvrir la France en participant au programme « Allons en France ». Une riche expérience qui m’a encouragé à poursuivre ma passion. C’est la troisième fois que je participe au concours « Chansons sans Frontières » et je suis si ravie que ma persévérance a eu gain de cause. En fait, Andy, « Le petit terrien » est mon petit filleul ; il a six ans maintenant.

Merci à tous et longue vie à Chansons sans Frontières !

 

Le petit Terrien

Andy, le garçon rêveur, voulait voir tout l’Univers
Voir plus loin que la terre plus haut que ses sauts en plein air
Maman lui dit : « vole mon enfant, vole en chantant
Vole et après, reviens à la maison »

Arrivé sur Mars, plus de copains pour ses farces
Il débarque sur Pluton et devint tout grognon
Plus loin sur la lune, plus léger qu’une plume
Tout ça ne l’amusa pas, d’un coup il se réveilla

Andy le garçon rêveur préfère rester sur terre
Qu’elle est belle même en pleurs, belle même éphémère
Maman lui dit : « vole mon enfant, vole en chantant
Vole même très loin, tu trouveras une maison »

Du vélo, des châteaux de boue, la pluie et des fruits partout
Planter une plante verte, faire rire la jolie Berthe
Voyager plus loin, danser avec des bons copains
Embrasser maman, qui lui chante : « A l’école maintenant »

Andy le garçon rêveur est heureux d’être sur terre
D’être fait d’amour, de lumière, de poussière
Maman lui dit : « vole mon enfant, vole en chantant
Et prends soin de la terre, qui est aussi ta maman, ta maison »

Affiche concours CSF#11

Eloise Gagnon, 16 ans, Canada

Je m’appelle Éloïse Gagnon. Je suis une jeune étudiante de 16 ans vivant près de Montréal, au Québec, la seule province francophone du Canada. On dit de moi que je suis une adolescente créative, positive et engagée. Je fais un peu de théâtre, je participe au comité Amnistie Internationale de mon école et j’adore voyager. J’aime aussi l’histoire, le ski de fond, les arts…Mais avant tout, je suis passionnée de lecture et d’écriture !

Toute petite déjà, les livres me fascinaient. Comme c’était magique, ces mots qui avaient le pouvoir de me faire voyager, de me faire rire, de me faire pleurer aussi parfois ! De lectures en lectures, j’avançais, comme à tâtons, à la découverte de cet art magnifique qu’est la littérature. Aujourd’hui, j’apprécie plus que jamais les beautés que peut avoir notre belle langue française et le talent avec lequel de nombreux auteurs lui ont donné toutes ses richesses. Je suis très heureuse et émue d’avoir pu, à mon tour, m’exprimer à travers la poésie, particulièrement sur un sujet qui me tient à cœur : l’environnement.

S’il m’arrive de me sentir impuissante face au triste sort que nous infligeons à la Terre, quelque chose me dit qu’il faut garder espoir et continuer à se battre contre la pollution. Après tout, tout comme ce petit poème qui a dépassé les frontières du Québec pour se faire entendre un peu partout, l’engagement de ma génération est, lui aussi, en train de s’étendre et de croitre. Je n’aurais jamais cru possible d’émouvoir le jury avec mon texte et c’est ce qui s’est pourtant produit : pourquoi ne serait-il pas tout autant possible de sauver la Terre ? C’est cet élan d’espoir que j’ai voulu transmettre dans mon poème.

C’est à moi de décider

Chère Terre,
Je suis née en ce siècle pollué
Ce siècle de béton et de fumée
Où fleurissent les industries
Où se fanent les bourgeons

Oublie mon amertume
Écoute ma préoccupation
Car j’ai pour toi une question
Que te livre ma plume

Refrain
C’est un cœur bien malade
Qui bat sous les océans
Est-ce aussi un cœur chantant
Sa dernière ballade ?

Tu es en proie à bien des maux
Que l’humain t’a infligé
– déforestation, ozone percé –
Je tente de te maintenir à flot

Or je crains de me voir échouer
Sur un rivage sans sable ni fleurs
Avec pour toute mer la pollution
Dont les vagues seront de chaleur
Dont l’écume sera de plomb

Car insatiable est l’humain
Qui te tue, qui te dévore
Qui n’a pas compris encore
Que sa faim mène à ta fin

Tu es souffrante, tu es mourante.
Mais dans la brise murmurante,
Je comprends soudain
La réponse à ma question

Est entre mes mains
Si je dois te voir tomber
Si dans ta chute tu dois m’emporter
C’est à moi de décider

Chère Terre,
Je suis née en ce siècle charnière
Où, de justesse, tu fus soignée.

Affiche concours CSF#11

Pascal Haumont, 58 ans, Belgique

Je m’appelle Pascal Haumont. J’ai 59 ans, je suis marié, j’ai 3 enfants et 2 petits enfants. Je suis informaticien… mais c’est un détail peu important de ma vie. Le plus important, c’est ma famille, et de loin.
Sinon, pour être bref : J’adore la montagne, la Corse, la randonnée… les vacances ! J’aime le soleil (rien de bien original pour un Belge en manque de vitamine D …), le jardinage, les fêtes entre copains, le carnaval !!!

Et oui, ma femme et moi habitons à Binche, petite ville du Hainaut en Belgique, réputée mondialement pour son carnaval. Allez voir sur internet si vous ne me croyez pas ! Je suis moi-même un ‘Gille de Binche’ et j’ai d’ailleurs édité une bande dessinée (‘trouilles guenouilles’) dont le cadre est le carnaval. J’en ai écrit le scénario.

Car oui, j’aime écrire …quand ça me vient …ce n’est pas une passion mais un vrai plaisir.
En fait, j’adore raconter des histoires. N’ayant pas une plume très littéraire (et aucune culture littéraire, je ne lis pas énormément), j’écris surtout des scénarios de BD (hélas, il est difficile de trouver un dessinateur …), des chansons (hélas il est difficile de trouver un musicien …), des poèmes marrants pour les copains …

C’est dans mon bain (j’aime prendre des bains, surtout en hivers) que m’est venu le refrain de cette chanson … j’ai dû sortir précipitamment de la baignoire pour le taper sur mon ordinateur de peur de l’oublier.
J’ai essayé de trouver un musicien pour y coller une musique … en vain. Quand j’ai vu le thème de votre concours … je me suis dit : ça colle ! et voilà !  Encore merci.

Extinction

1.
Y a des espèces qui disparaissent sans cesse
Les dinosaures ont payé en espèces
Oui mais l’espèce humaine est en l’espèce
Un cas particulier, un cas d’espèce
car elle presse elle-même l’interrupteur
C’est ce qu’on appelle un suicide docteur !

Refrain.
Jusqu’à extinction
de voix, je crierai attention
on va dans le mur extinction
des feux des lumières extinction
de l’espèce humaine extinction

2.
Tu sais, on balance tous du co2
Je sais, on s’en balance c’est odieux
On crache des milliards de tonnes ça t’étonne ?
Merci Donald, Al Capone du Carbone !
Putain, ça va chauffer dans l’atmosphère
Putain, ça va chauffer dans les chaumières

3.
On connait tous les méfaits du plastique
On voudrait bien arrêter ces pratiques
Oui mais voilà le plastique c’est pratique
Alors on ferme les yeux, on s’astique
Et dans les cinq océans du monde
Poussent des iles, synthétiques et immondes

4.
Du glyphosate dans les tomates, santé !
Du Roundup dans le ketchup, santé !
Hey Monsanto, ma santé, c’est sacré !
Mais sans remord, Monsanto fait crever
Les abeilles de Londres et Casablanca
Et les pauvres fermiers du sri Lanka

5.
Mais pour toi ma planète, ma terre, ma belle
C’est après tout une bonne nouvelle
J’entends déjà le cri qui jaillira
De tes volcans, forets, du Sahara:
Bon débarras les hommes, bon débarras !
Bon débarras les hommes, bon débarras !

Refrain final
Jusqu’à extinction
de voix, j’ai hurlé attention
on est dans le mur extinction
Mais je suis aphone extinction
Et la vie reprend profusion

Les mentions

Mention spéciale du jury
Affiche concours CSF#11

Teodora Koleva, 32 ans, Bulgarie

Je m’appelle Téodora. Je suis née à Plovdiv. C’est une des plus anciennes villes d’Europe. Cette année, Plovdiv est nommée capitale européenne de la culture. Cette ville pittoresque a sans doute laissé son empreinte sur ma vie. Je me suis toujours intéressée à l’art. Je me laisse griser par la littérature, la peinture et par la photographie. J’aime raconter des histoires depuis mon enfance…avec des mots ou avec des photos. La façon a très peu d’importance. Ce qui compte pour moi, c’est d’émouvoir, d’inspirer, de provoquer des réflexions.

A la recherche du bonheur

Ma chère Terre,
je voudrais te raconter ma grande misère.
Je suis pleinement consciente de l’insignifiance
de mon existence,
mais je me permets tout de même
de te faire part de mon problème.

Je cours sans arrêt,
ignorant ce qui s’est passé.
Les fleurs sont toutes fanées,
et les oiseaux se sont envolés.
Le froid s’est bien installé
et sous le vent glacial, je frissonne, désespérée.

Refrain:
Je remuerai ciel et terre,
j’irai au-delà des mers.
Pourvu que je devienne un parfum,
que le vent m’embrasse et m’emporte au loin,
là où je courais dans les champs avec insouciance,
pendant les plus beaux jours de mon enfance.

Je cours sans arrêt,
je suis déjà exténuée;
j’erre partout dans le monde tout en cherchant
un être vivant.
Je traverse un immense désert, toute seule,
le ciel gris pèse sur le sol sec, cela me désole.

Refrain:


Je cours sans arrêt,
et je vois bien que tout a changé.
Je lève les yeux vers le ciel crépusculaire,
les nuages se dissipent rapidement dans l’air.
Un doux rayon de soleil caresse mon visage,
le calme s’installe et je m’envole au-dessus des nuages.

Refrain:

Mention originalité
Affiche concours CSF#11

Abdoul Karim Koné, 35 ans, Burkina-Faso

Direction d’un œuf

En plein désert un jour j’ai rencontré un œuf
Un œuf tout rond tout mignon, hélas plus très neuf
Cet œuf m’a relevé une histoire qui m’a terrifié
Je te l’avoue son parcours m’a beaucoup alarmé.

Tout commence par un gros un baobab perdu
Mais digne au milieu d’une terre inconnue.
L’œuf se trouve perché sur la plus haute branche
Imprudent, se penche, roule comme sur une planche

Tombe et fracasse sa coquille. Dans sa nudité,
Sa fragilité, son extrême sensibilité
Sillonne cette terre inconnue mais magnifique
Son nom je m’en souviens maintenant, c’est l’Afrique

Qui a vu la naissance des fossiles et des dinosaures
Foulant de leurs pattes les rivières de diams et d’or
Le berceau de l’humanité, la première maternité
Mais le continent aux larmes de pierre

Sert de vache laitière aux autres continents
Qui la détruisent en l’exploitant
Mettant très en retard son développement.
Puis l’œuf croise des brigands,

Se blesse à leurs grandes dents
S’écorchent sur les barbelés de la planète corrompue,
Se dit que décidément ce monde ne va plus :
La construction des usines nucléaires partout,

La surconsommation à tous les coups,
Les guerres de pétrole et du charbon de bois
Destruction de la nature, les bêtes aux abois,
Feux de brousse, désertification et dégradation,

Les poissons étouffés par les sachets plastiques,
La montée des eaux, le réchauffement climatique.
Et les explorateurs continuent, c’est dramatique
Ils posent sur la mer des îles artificielles

200 étages pour des immeubles résidentiels
Flottant comme d’arrogants billets de banque
Narguant l’assiette misérable des pauvres en manque.
Pendant qu’on s’enrichit à Dubaï ou ailleurs

Il y a des milliers d’enfants qui chaque jour se meurent.
Ces bidonvilles de Buong Salang on s’en fout !
Les gosses sur les décharges de Phnom Penh on s’en fout !
Ces milliardaires, ces milliers de pauvres sur terre,

Ça te met pas terriblement en colère oé
T’as pas envie de crever la couche d’ozone,
Quand tu vois que de peur le soleil frissonne oé
Telles sont là les révélations de l’œuf magique,

Alors médite beaucoup sur cette histoire tragique.
Mais s’il te reste une parcelle d’humanité,
Et dans ton cœur la plus belle des générosités,
Si tu aspires au bonheur et à l’air non pollué,
Marche, avance, tu éviteras le pire,
Après, reconstruis la coquille pour que l’œuf ressuscite
Comme le Phoenix de ses cendres
Que ta joie très vite escalade le baobab de la tolérance,
Entraîne les autres dans ton amour,
Brise cette errance,

Écoute la musique des tambours et des tamtams,
Qui clament les mots, acclament l’horizon vermeil,
Et danse, slame, sur la peau tendue du soleil !
Danse, slame, sur la peau tendue du soleil !

Mention spéciale du jury, catégorie Français langue maternelle
Affiche concours CSF#11

Olivier Subrin, 50 ans, Belgique

Je vis en Belgique à Bruxelles mais je suis d’origine française (Lyon). Écrire des chansons est devenu essentiel pour moi depuis un an, une passion qui j’espère pourra dans l’avenir, devenir une activité professionnelle.Mon projet est de créer des collaborations dans le domaine musical afin que mes textes et mes mélodies puissent trouver leur envol …

Je caresse également le rêve d’écrire un recueil de certains de mes textes de chansons (Book of Songs), voici un extrait de la chanson-préface « allez-savoir » qui vous en dira beaucoup plus sur moi que tous ces derniers mots :

Je vais vous raconter quelques histoires
Peut-être que vous les aimerez
Allez savoir …
Je vais vous les parler
Je vais vous les chanter
Avec mon cœur

Un peu de mes étoiles et de mon ciel
Un peu de la vie d’ils ou d’elles
Mes personnages
De leurs beaux jours, de leur cancer
D’un violoncelle

Un peu d’écume de mes îles
Mon amour de la Mer
Et mes voyages
Des marches dans mes déserts

D’mes crocodiles du Nil
Qui me bouffent certains soirs
D’Idylles sans frontière
Et ma « Lettre à La Terre » …
Peut-être que vous l’aimerez
Allez savoir …

Mention spéciale du jury, catégorie Français langue maternelle – Olivier Subrin, 50 ans, Belgique
Le spleen de l’Astronaute

Odyssée pour Jupiter
A bord de ma fusée
Tu me manques ma terre
Je te regarde sous mes pieds
Je me retourne en arrière
Je dois me résigner
Laisser ton atmosphère
Ma terre

Tourne, tourne ma terre
Tournent les continents
Fait défiler mes repères
Les cinq océans
Les forêts d’Amazonie
Et l’Antarctique blanc
Tout le désert de Gobi
Et l’île du Levant

Tourne, tourne ma terre
Tournent mes sentiments
Je pars vers un autre univers
Bien loin de la mer de tes nuages blancs

Belle planète bleue
Me ferait-elle un signe,
Un aimable sourire
Astronaute, je ne peux
Oublier les châteaux de sable,
La couleur du porphyre
Les strates sur les rochers
Témoins de tes millions d’années
Ma terre

Tourne, tourne ma terre
Tournent les continents
Fait défiler mes repères
Les cinq océans
Les forêts d’Amazonie
Et l’Antarctique blanc
Tout le désert de Gobi
Et l’île du Levant

Tourne, tourne ma terre
Tournent mes sentiments
Je pars vers un autre univers
Bien loin de la mer de tes nuages blancs

Cachés dans mes affaires
Un petit bocal, un peu de toi ma terre
Me rappelle ta douceur
Et du bois de santal
Me perds dans tes senteurs
.. Ma terre

Quelques fleurs de jasmin séché
Entre les pages de mon herbier
Vont finir de mourir
Quelques graines de fruits, à semer
Dans le jardin partagé
De nos bons souvenirs ?
Ma terre

Tourne, tourne ma terre
Tournent les continents
Fait défiler mes repères
Les cinq océans
Les forêts d’Amazonie
L’Antarctique blanc
Tout le désert de Gobi
Et l’île du Levant

Tourne, tourne ma terre
Tournent mes sentiments
Je pars vers un autre univers
Bien loin de la mer de tes nuages blancs

Vaisseau interstellaire
Vole ma fusée, vogue ma galère
Triste quand viendra l’éternité
De ne pouvoir me reposer
Dans un de tes petits carrés tracés
Au Cimetière de Saint-Germain-des-Prés
.. Près de mon père

Tourne, tourne ma terre
Tournent les continents
Fait défiler mes repères
Les cinq océans
Les forêts d’Amazonie
L’Antarctique blanc
Tout le désert de Gobie
Et l’île du Levant ?

Mention spéciale du jury Jeune Public
Affiche concours CSF#11

Asya Slama, 13 ans, Egypte

Bonjour, merci pour ce message. Nous sommes trois amies à avoir écrit cette chanson. L’une de nous vient de l’île Maurice, l’autre de Belgique, et la dernière de Suisse. Nous habitons toutes en Égypte. Ce concours nous a été annoncé par notre école, c’est donc pour cela que nous avons participé. Nos noms sont Simran Permal, Lavinia Kleinermann et Asya Slama. (De gauche à droite sur l’image). Nous avons décidé de participer car nous aimons toutes la musique, les chansons, et écrire des poèmes. Aussi, le français est la langue qui nous unit.

Transe

Une forêt coupée, une banquise fondue
Une rivière séchée, une espèce perdue
Un nuage noir tout là-haut
Une île qui part sous les flots
Un volcan va exploser
Une avalanche s’apprête à tomber
La terre ne cesse de se déchainer
Mais rien ne parvient à nous réveiller

On est comme dans une transe
Le danger est là mais on ne réagit pas
On est comme dans une transe
On fait comme si les problèmes n’existaient pas

C’est comme un rêve éveillé
Qu’on utilise comme un bouclier
On se cache de la vérité
De ce monde qu’on a déchiré

Si je pouvais te dire un mot, ce serait pardon
Tu me donne de l’eau, de l’air, d’la vie
Moi j’te donne la peine la guerre les ennuis.
Chaque jour je te rends un peu plus noire
Tu deviens pire sans que je ne puisse le voir.

On est comme dans une transe
Le danger est là mais on ne réagit pas
On est comme dans une transe
On fait comme si les problèmes n’existaient pas

C’est comme un rêve éveillé
Qu’on utilise comme un bouclier
On se cache de la vérité
De ce monde qu’on a déchiré

Gaz, fumée et pollution
Sont devenus nos routines, nos traditions.

Gaz, fumée et pollution
Sont devenus nos routines, nos traditions.

Gaz, fumée et pollution
Sont devenus nos routines, nos traditions.

Mention originalité du jury Jeune Public
Affiche concours CSF#11

Jesse Dubé, 16 ans, Canada

Bonjour!
Tout d’abord, merci énormément. Vous n’avez pas idée de la joie que je ressens face à cette nouvelle. J’ai immédiatement quitté mon cours (avec l’autorisation de mon professeur, bien sûr!) pour aller montrer ce message à ma professeure de français, qui m’avait encouragé tout au long du concours. Il faut dire qu’elle était très heureuse aussi!
Alors, une petite présentation de moi? Je m’appelle Jesse et j’ai 16 ans. J’écris depuis mes 9 ans, de romans à poèmes. Principalement de la science-fiction ou du fantastique, j’écris pour m’évader, pour faire valoir mes valeurs et montrer au monde que chacun a sa propre voix. Quand je n’arrivais pas à m’exprimer, je couchais mes émotions sur papier : c’est un moyen de se libérer que je recommanderais à tous.
Je suis en secondaire 4 au programme international et Préside un club de bénévolat en plus de m’impliquer dans le projet Ensemble : pour le respect de la diversité et ai reçu une mention spéciale de ma ville alors que j’étais toute jeune pour ma conscience environnementale.
Et voilà que je me vante! Mais c’est ce que j’aime faire, je vis pour aider et je souhaite en faire autant pour notre planète.

Saturne

Si j’étais la Lune
De mon perchoir isolé
Aux kilomètres effilochés
Oh ! si j’étais la Lune
Je te soufflerais :

Refrain
« Bon matin, madame la Terre !
Quelle belle journée, madame la Terre !
Regardez-moi donc votre si doux vert !
Et v’là l’bonsoir, madame la Terre ! »

Sous la voute céleste
Main dans la main, en apesanteur
Sous nos aurores modestes
Et nous n’aurions plus peur

Mais je suis Saturne, loin
Perdue dans mes anneaux
Et je tourne et tourne sans fin
Si j’étais plus près, au moins
Tout serait un peu plus beau…

Mention spéciale poésie du jury Jeune Public
Affiche concours CSF#11

Stéphane Gnondoli, 11 ans, Togo / Burundi

Chansons sans Frontières félicite vivement  l’École Française de Bujumbura, les élèves et leur professeur Laeticia Baillot , qui les a invité et accompagné dans l’écriture. Le jury a été séduit par la poésie et la charmante simplicité de ce texte. Bravo Stéphane !

Terre comme tu es belle

Ah, que la terre est belle
Crie une voix là-haut
Ah, que la terre est belle
Sous le soleil chaud !

Tu seras toujours belle !

Elle encore plus belle
Bougonne l’escargot,
Elle encore plus belle
Quand il tombe de l’eau !

Tu seras toujours belle !

La terre est toujours belle
Et vive l’hirondelle
Et vive l’escargot

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