CSF#12, vos histoires une véritable richesse !

Affiche concours CSF#11

CSF#12, des histoires aux couleurs du monde entier !

Une édition exceptionnelle puisque nous avons reçu 1085 participations de 123 pays différents dans le monde.
Voir les vidéos de la soirée de remise de prix, ICI

Le thème de cette 12ème édition: « Raconte-moi ton histoire »; appartenance, transmission, histoires de vie, contes,… elles sont riches et nombreuses les histoires qui nous habitent. Un thème autour de l’oralité inspiré de  « Dis-Moi Dix Mots sur tous les tons »

L’équipe de Chansons sans Frontières vous remercie de votre participation. Tous vos textes ont été lus par les 17 jurys lecteurs qui ont eu beaucoup de mal à préparer la sélection finale car la qualité et la variété des textes reçus était extraordinaire.
Merci à vous toutes et tous, écrivains du monde !

 

  • 1er Prix :
    Yevhenii Melnyk
  • 2ème prix :
    Adler Saturne
  • Prix jeune public :
    Ange Aloki
  • Prix Français langue maternelle :
    François Xavier Liagre
  • Mention « Dis-moi dix mots » Grand Jury :
    Carlynx Elbeau
  • Mention poésie Grand Jury :
    Yves Langlois
  • Mention poésie Jury Jeune Public :
    Valencia Mandjo
  • Mention « Dis-moi dix mots » Jury Jeune Public:
    Ayman Lahbahi
  • Mention spéciale Jury Jeune Public :
    Lara Jassin

Soirée concerts et remise de prix, 100% Normande et internationale

Pour sa 12ème édition, Chansons sans Frontières a concocté une soirée festive et généreuse.
Des artistes d’origines, de styles très différents, un beau plateau mélangé à la façon de Chansons sans Frontières.
Avec 
Mes Souliers Sont Rouges, DébaDuo & Marquito, La Porte Rouge et Clara Lionza

12ème édition ! Chansons sans Frontières s’affirme normande, voyageuse et invite
des artistes de la région qui flirtent avec les musiques et les scènes autour du monde.
Une soirée 100% musicale, normande et internationale !

Pour tout savoir sur la soirée…

Voir l’événement

Affiche soirée de remise des prix CSF#11

Les lauréats

Affiche concours CSF#11

Yevhenii Melnyk, 46 ans, Ukraine

Je m’appelle Yevhenii Melnyk, je vais avoir 47 ans, je suis originaire d’une petite ville ukrainienne, Uman, qui se trouve à 200 kilomètres de notre capitale.

J’habite à Kiev et j’enseigne le français à l’Université nationale d’aviation. Je m’intéresse aux langues étrangères, je parle un peu anglais, je comprends un peu l’italien et l’espagnol, mais c’est le français qui est devenu mon inspiration, mon loisir et mon pain.

Je suis né dans la famille où personne ne parlait cette langue. Les professions des membres de ma famille étaient différentes (professeur de russe, musicien et professeur de musique, militaires, secrétaire, bibliothécaire, femme au foyer, etc.), rien ne me prédisposait à me passionner pour le français. J’apprenais l’anglais à l’école, c’était intéressant, mais à la maison, il y avait quelque chose de plus attirant: la collection de disques vinyles de ma tante. On pouvait y trouver de tout, mais ceux que je préférais étaient les disques de chansons françaises. Edith Piaf, Yves Montand, Charles Aznavour, Joe Dassin, Mireille Mathieu… les noms qui étaient connus de tous les habitants de mon pays, à l’époque. Je les écoutais encore et encore et j’avais l’impression d’en connaître toutes les paroles sans les comprendre. Les merveilleuses mélodies qui s’ajoutaient aux beaux mots étranges qui étaient déjà LA musique!

Je suis infiniment heureux que le jury ait apprécié mon texte et j’espère de tout mon cœur que le public l’aimera aussi. Saurai-je écrire un jour un autre beau texte poétique? Je ne sais pas, mais on ne sais jamais… En tout cas, il me semble qu’avec « Chansons sans frontières », tout est possible!

 

Parler français comme une vache

espagnole. Un petit sketch chanté.

Quelque part hors des pays francophones

Deux personnages: Monsieur Renard et Monsieur Cheval

– Ohé, bonjour Monsieur Renard!
– Bonjour Monsieur Cheval!
Je suis ravi de vous revoir!
Comment ça va?
-Pas mal!
Où allez-vous? Etes-vous pressé?
– Je cours à la leçon.
– Mon vieux, l’école, c’est du passé!
Vous plaisantez?
– Mais non!
– Vous faites le droit, les maths, la danse?
– J’apprends la langue française.
Je peux vous dire non sans jactance.
Que je m’y sens à l’aise.

Refrain:

Je me mets toujours à l’aise
Quand j’apprends la langue française.
Et comme un tout petit griot,
Je fais tous mes devoirs
En susurrant souvent des mots.
– Je ne peux pas y croire!

Mais qui est votre professeur?
– Ah, c’est une vache savante!
Elle est fort belle, de bonne humeur.
Sa voix est truculente.
– Ici, chez nous, une vache savante?
Mais qu’est-ce qui l’intéresse?
– Elle étudie surtout les plantes
En les mâchant sans cesse.

Refrain

Nous placotons des heures entières,
Elle est bien volubile.
Et avec elle, accents, grammaire,
Lexique – tout est facile!
Cette dame est espagnole. On dit
Que son bagou parfait
Est apprécié même à Paris.
Et nul ne nie ce fait.
Ça vous fait rire, Monsieur Cheval?
– Idiots ou sales menteurs!
Personne ne parle français plus mal
Que votre professeur!

Affiche concours CSF#11

, ans,

Affiche concours CSF#11

Adler Saturne, 30 ans, Haïti

Adler SATURNE est né le 6 janvier 1988 à Petit-Goâve, ville du département de l’Ouest d’Haïti. Il a fait des études en éducation, psychologie et sciences juridiques à l’Université d’Etat d’Haiti.

Depuis sa tendre enfance dans sa ville natale, il faisait de l’art et de la littérature ses véritables passions. Au sein de sa famille, cet amant des belles histoires a toujours manifesté son amour pour les récits bibliques. Cela a fait grandir son goût pour l’écriture et la lecture. Enfant, il s’est toujours montré apte dans différents domaines tels que la peinture, la littérature, la musique et le théâtre.Il aime s’aventurer dans toute activité qui exige une part de créativité.

Son texte l’Exilé est un cri qui traduit le dilemme de toute sa génération. Celle-ci se retrouve dans une ambivalence. D’où la véritable obligation se situe entre deux questions : Faut-il changer le monde ou changer de monde ? Nous sommes vraiment arrivés à un moment où il faut décider. L’auteur a voulu offrir son monde à lui pour chanter les déceptions de ses pairs, mais aussi transmettre un message d’espoir aux plus faibles. Sa plume porte la voix de toute une génération par le souffle de son inspiration. Adler Saturné vit actuellement à Port-au-Prince.

L’exilé

Je n’avais pas le droit de parler
Je murmurais ma douleur en silence
Aujourd’hui, je veux m’en aller
J’ai assez de toutes ces souffrances

Sur mon vieux bateau
J’affronte les vagues
J’oublie mon manteau
Y compris ma bague

Sur mon vieux bateau
J’affronte le vent
Je perds mon chapeau
Et ma vie d’avant

Je laisse mes promesses d’amour
Dans une cruelle incertitude
Je risque de partir pour toujours
Pardonnez-moi mon ingratitude

Je suis fils du temps des fers
Je suis passé par mille enfers
Seule la mort pourra me taire
Dans cette immense nuit solitaire

Sur mon vieux bateau
J’affronte les vagues
J’oublie mon manteau
Y compris ma bague

Sur mon vieux bateau
Plus de festins
J’offre ma vie en cadeau
Pour en faire un nouveau destin

Ce regard de coquillage
Qui m’attend depuis le rivage
Est-il le reflet de mon destin ?
Je veux écrire une nouvelle page
Vais-je grandir sans changer d’âge
Pour tout comprendre en un matin

Sur mon vieux bateau
J’affronte les vagues
J’oublie mon manteau
Y compris ma bague

 

Affiche concours CSF#11

Ange Aloki, 17 ans, République Démocratique du Congo

Je suis plus qu’heureuse d’apprendre cette nouvelle au terme d’une aussi chaude journée comme il en est de coutume ces derniers temps à Kinshasa.

Je suis une jeune étudiante de l’Université de Kinshasa où j’évolue en Sciences de l’information et de la communication, faculté des lettres, depuis cette année académique seulement. Né à kinshasa, j’ai passé le clair de ma vie ici et la littérature a toujours été ma passion depuis ma tendre enfance. Entendre que « Jardin d’Enfance » a été primé me fait vraiment chaud au cœur et vient raffermir mes pas chancelants sur les sentiers de la poésie.

Pour la petite histoire cette chanson est d’elle-même venue à moi sans me dire pourquoi ni comment. Quelques mois après je tombe sur l’annonce de Chansons sans frontières et quelle n’a pas été ma surprise de remarquer que mon texte correspondait au thème de l’année ! J’ai alors saisi la balle au bond et j’ai sauté sur cette occasion. Là aussi je reste persuadée que c’est la chanson qui elle m’a choisie
pour que je parle d’amour au monde entier.

Jardin d’enfance

Couplet 1 –

Sourires dans l’air
Bonheur dans l’atmosphère
Des regards, des pas de danse
Des gaietés, des espérances
Cristal dans les rétines
Bruine sur des peaux fines
Des gambades, des farandoles
Des contes et des lucioles

Couplet 2 –

A jouer dans la rivière
Candeurs aux enchères
Des rois de la troposphère
Châteaux de sable et de quelques pierres
A l’ombre d’un oranger
Des petits secrets partagés
Entre griots de poussière
Sur des lopins de terre

Couplet 3 –

Des lutins à la fenêtre
L’époque de nos un mètre
Cueillette des bouquets de rire
Dans les jardins de souvenirs
Rêveurs encore hier
Sur des vagues de la mer
Sur les couleurs de l’arc-en-ciel
La romance des chandelles

 

Affiche concours CSF#11

François-Xavier Liagre, 38 ans, Français au Québec

Né une première fois en France, une seconde au Québec 38 ans plus tard, je suis auteur (nouvelles, romans), conteur et auteur-compositeur-interprète – entre autres choses.

Ceci pour dire que la langue française a toujours été l’un de mes moteurs.

Le thème du concours, « raconte-moi ton histoire » ne pouvait que me parler, en tant que conteur et qu’immigrant, mais aussi parce que ma destination, le Québec, est elle même une terre d’immigration et d’émigration, bâtie hier et aujourd’hui par des nouveaux venus, de passage ou faisant souche.

C’est en pensant à eux, à moi-même, et aussi à tout ceux pour lesquels la découverte de nouveaux horizons a été le résultat d’une contrainte, le plus souvent économique, et non d’un choix, que ce texte m’était venu. Et que j’avais choisi de vous le partager.

Je suis… disons, multiplement parallèle ? Écrivain, ACI, sculpteur, mais aussi instructeur de Qi Gong et informaticien de profession. C’est cette dernière activité qui paye l’hypothèque… Passionné, sûrement. Amateur – au sens originel – c’est certain. Et après plus de 15 ans de prestation scéniques diverses, un peu « pro du spectacle », tout de même 😉

Quelques liens:
Mon site web www.liagre.ca, notamment dans l’à-propos.
Pour la partie musicale, https://www.facebook.com/fx.musique et ma chaîne Youtube

Une seconde

Le ciel se déchire à l’Ouest
Une lueur perce l’horizon
Il est temps de quitter la ville

Oubliée la manufacture
Le corps usé par la machine
Le choix est fait et la route est tracée

Dans moins d’une heure
Ce sera le moment
On reviendra, dit-on
On sait qu’on ment

Au moment de passer le pont
Juste une pensée pour le mont
Qui a veillé pour nous
Sur tant de nuit

On ne veut plus de nous ici
Au Sud il paraît que l’on vit
Bien mieux. On se devait
De le tenter

Les glaces sur le Fleuve
N’ont que mépris
Pour l’Étranger qui dans leurs bras
Est pris

Même si ce n’est qu’une fuite
Changer de vie tout va trop vite
On se retourne une dernière fois
Jamais n’oubliera
Cette seconde-là

Partir, oublier mon pays
Les gens, les lieux où j’ai grandi
Pour s’inventer
Une autre destinée

La plaine s’étend à l’infini
De l’horizon à jusque ici
Y’aura jamais assez de soleil
Pour tout éclairer

On se demande
Si on arrivera
Traverser ces montagnes
Et ces bois

Et même si c’est une fuite
Et que parfois tout va trop vite
Au sommet, une dernière fois
On fixe
Cette seconde-là

Le ciel se couvre loin vers l’Est
Car c’est là que vont les tempêtes
Mais plus pour moi,chacun sa vie
Chacun sa croix

Je me rappelle d’où je viens
Mais j’ai choisi cette vie-là
Une seconde
Que je n’oublierai pas
Non jamais je n’oublierai
Cette seconde-là

Les mentions

Mention poésie du Jury
Affiche concours CSF#11

Yves Langlois, 66 ans, Canada

Je m’appelle Yves Langlois. Mes ancêtres sont Normands. J’habite Sutton, un petit village situé au pied du mont du même nom au Québec. De cette montagne descend un ruisseau qui devient la rivière Sutton, sur la rive de laquelle se situe ma petite maison.

J’ai une fille qui se nomme Shakti et que je vois grandir en beauté et en sagesse. Je l’ai élevée en regardant la montagne et en écoutant le ruisseau qui m’ont inculqué leur médecine sacrée.

Comme la montagne enseigne à sa fille la rivière, je transmets à la mienne les messages de l’eau et de la terre.

J’écris depuis l’enfance, entre autres, des poèmes, des chansons. Mon rêve était de devenir chansonnier mais la vie en a décidé autrement. Par contre la musique ne m’a presque jamais quitté sauf pendant une dizaine d’années où j’ai cru qu’il était préférable de l’oublier complètement puisque je n’arrivais pas à en vivre.

Heureusement elle est venue me rechercher et c’est en observant la montagne et la rivière que cette chanson a coulé dans mes veines et sur le papier. Merci de l’avoir aimée.

Yves Langlois
Auteur de: De montagne à rivière.

De montagne à rivière

Tu jaillis de ma source
Te voilà incarnée
Tu amorces une course
Je vais t’accompagner

Je t’aime comme une mère
Te nourris de mon sein
Tu glisses vers la mer
Et poursuis ton destin

Refrain
Raconte ton histoire
Fais entendre ta voix
Redonne de l’espoir
À ceux qui n’en ont pas

Tu t’étends dans ton lit
D’un simple filet d’eau
Tu as bientôt grandi
Et te voilà ruisseau

Saute dans le courant
Avance digne et forte
Vis le moment présent
Et prends ce qu’il t’apporte

Tu es déjà rivière
Tu essuies quelques chutes
Ce n’est plus comme hier
Et tu cours et tu luttes

Tu subis des violences
Et autres pollutions
Découvre ta puissance
Ta détermination

Tu as déjà plongé
De cascades en rapides
On t’a influencée
Et jetée dans le vide

Tu m’as fait grande peur
Je te croyais perdue
Mais de tes profondeurs
Tu es réapparue

Tes courbes font ta beauté
Tes chutes ta splendeur
C’est ta féminité
Qui dévoile son coeur

Grand fleuve te voilà
Mature, calme et fière
À ton tour je te vois
Devenir une mer

Devenir une mer
Devenir une mer

 

Mention "Dis-moi dix mots" du jury
Affiche concours CSF#11

Carlynx Elbeau, 23 ans, HaÏTI

Je suis Elbeau Carlynx. Je suis né en Haïti le 07 mars 1994. Dès ma prime enfance je suis tombé amoureux des livres, des mots, puis de la poésie. Passionné de l’écriture – que je considère comme un moyen de survivre dans un pays où la misère bat son plein, Haïti – je me suis mis très tôt à écrire avec une fougue surprenante pour résister, par le biais des mots, aux maux du quotidien.

Poète dévoué à la cause de l’humanité, j’ai beaucoup chanté l’amour, la paix, la fraternité à travers mes textes, j’ai beaucoup dénoncé le racisme, sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui  je poursuis mon parcours dans le monde des lettres en chantant encore avec verve mes amours : mon pays, la race humaine, avec un leitmotiv, un mot d’ordre, ma citation: « Je suis raciste et ma race c’est l’humanité. »

J’ai vu le concours sur le net, ensuite une amie m’a envoyé le lien, pour y participer.

Déjà je pouvais dire que j’ai aimé dès le début le thème du concours « Raconte moi ton histoire » moi qui vis dans un pays qui me donne chaque jour tant de choses à raconter.

Dans un pays où les drames ne manquent pas.
Dans un pays où l’humour se retrouve à chaque coin de rue.
Dans un pays de rires et de pleurs.
Dans un pays de rêve et de cauchemars, Haïti.

Je me suis mis à écrire en m’inspirant d’une histoire plus ou moins vraie, les histoires dès qu’on les raconte d’ailleurs ne sont plus imaginaires, sans pourtant oublier d’ajouter une touche et des images pour donner vie au texte titré, le langage universel.S’il y a une chose qui a boosté mon imagination, qui m’a suscité à mettre tout mon cœur poupar écrire le texte après tant d’autres c’est le nom de l’organisation CHANSONS SANS FRONTIÈRES.

Moi qui vis dans un ys déjà cité, victime parfois d’un l’isolement culturel. Ce nom me parait humain. Il me parait universel, fraternel. Chansons sans frontières.C’est comme dire chansons sans couleurs, sans discriminations, sans barrières, sans racisme, sans préjugés.Recevoir ensuite le message annonçant que j’ai eu une mention spéciale à ce concours a été pour moi un moment … il me manque des mots. Émotion. Joie. Contentement. Jubilation.C’est pour moi le couronnement de mon travail. Ça me plait de savoir que le message de fraternité et d’amour que véhiculait mon texte a été passé, mon histoire a été lue et a su charmer des âmes à l’autre « bout de la planète » comme c’est dit dans mon texte.

J’ai du mal à expliquer ce que ça fait recevoir un tel message quand on sait que le jury lui-même a reçu des textes de partout plus de 100 pays.Merci chansons sans frontières ! Merci à toute l’équipe !Merci pour le nom de l’organisation, qui porte en lui tout un message de paix et d’amour dans un monde  divisé, où les frontières culturelles se multiplient chaque jour, comme les frontières physiques.

Merci à ma plume. Qu’elle fasse son chemin !

Le langage universel

I

À travers le hublot je regardais la mer,
Les palétuviers et la couleur de la terre.
Je distinguais à peine les toits des maisons,
Les montagnes fleuries de la belle saison.

Une secousse, l’avion semblait atterrir.
Je me disais comment on allait m’accueillir,
Moi qui venais de l’autre bout de la planète,
Et qui n’avais que quelques mots flous dans la tête.

L’appareil descendait déjà à vives allures.
La voix me demandait d’attacher ma ceinture
Pour cette plongée dans les bras de l’inconnu.
Adieu bagou ! Adieu les mots que j’ai connus !

Refrain

Je connais un terme que chantent les griots.
Je connais un souffle qui guide les oiseaux.
Je connais un mot qui charme les troubadours.
Je connais une langue magique: l’amour.

II

À l’aéroport, une foule bigarrée
De personnes venant de toutes les contrées
Pullulait ça et là dans toutes les allées,
Beau et truculent fragment de l’humanité.

Les mains chargées, je m’engageais dans le dédale.
Plus humain malgré mon grand déficit verbal.
Et le fleuve m’emportait jusqu’à l’embouchure,
Une avenue d’où montait le bruit des voitures.

Ohé ! Ohé ! Taxi ! Un geste de la main,
Des mimiques, un sourire, tout semble être en vain.
Par paresse, j’ai laissé tomber mes bagages
Avec l’amer regret d’avoir fait ce voyage.

Refrain

Je connais un terme que chantent les griots.
Je connais un souffle qui guide les oiseaux.
Je connais un mot qui charme les troubadours.
Je connais une langue magique: l’amour.

III

Venait pourtant vers moi une femme inconnue,
Aussi belle et accorte qu’un ange déchu,
Qui me susurrait des mots dans une autre langue.
Je ne pouvais pas soulever ma lourde langue.

 

Mention poésie du Jury Jeune Public
Affiche concours CSF#11

Valencia Mandjo, 16 ans, République Démocratique du Congo

Je ne saurai exprimer ma joie et ma surprise lorsque j’ai reçu la nouvelle.

Congolaise, j’habite Kinshasa où j’étudie la littérature au lycée parce que je me passionne pour tout ce qui se rapporte à la littérature.
Ce que j’apprécie lire par dessus tout c’est la poésie et les romans.
De là m’est venu l’envie d’écrire, de me mettre à la place de tout ces grands poètes et romanciers.
J’aime aussi énormément la musique. J’écoute de tout, pourvu que ça fasse frissonner.

J’ai vu un jour, en allant à l’école, un groupe de petits garçons qui mendiaient. Ils essayaient d’afficher un air triste, vous savez ceux des orphelins ou des mendiants. Seulement, ils n’y arrivaient pas. Non pas qu’ils n’étaient pas tristes mais plutôt parce qu’ils n’étaient pas tristes à ce moment là. Ils avaient trouvé, dans je ne sais quel événement ou image, une source de joie et ils ne pouvaient s’empêcher de sourire, de rire. C’était magnifique. Des beaux sourires sur des visages qui ne semblaient pas avoir la force de les porter. Et même lorsqu’ils ne recevaient sur leurs mains tendus que des refus ou des airs dégoûtés, ils ne se lassaient pas. Ils continuaient.
Pendant longtemps j’ai refait la scène dans ma tête, mais les détails s’en allaient. Ce n’est pas sur ça que j’écris d’habitude. Je m’intéresse plus à mes sentiments, à mes pensées, pas à ceux des autres. Alors l’idée d’écrire sur eux ne m’est pas venue directement, et même quand elle est finalement arrivée, je n’ai pas su comment bien le faire. Mais lorsque j’ai vu les critères de « Chansons sans frontières « , j’ai essayé de le faire en poème. Et puisque je vous écris tous ça aujourd’hui, je crois que j’ai réussi.

Une fois de plus leur vie m’avait frappé. Pas par leur désarroi cette fois-ci, mais par la capacité de ces êtres presque aussi jeunes que moi, mais beaucoup plus perdus, obligés de vieillir par les événements, de sourire, de mettre leurs problèmes de côté est de redevenir des enfants. « Douche de midi » , c’était un signe de respect, un salut militaire à ces « enfants de la rue ».

Vous m’avez demandé si j’écrivais souvent mais c’était comme me demander si je respirais souvent. J’écris, je respire, je vie. J’écris à chaque fois que j’en ai l’occasion, donc tout le temps. Partout, mais principalement sur ce que je ressens, comme dit ci-haut. J’ai plusieurs fois essayé d’écrire autrement qu’en poème, par des histoires par exemple, mais à chaque fois je m’arrêtais en plein milieu. Alors j’ai arrêté d’essayer. Je continue à faire ce que je sais mieux faire: écrire. Peut-être me faudra-t-il trouver une inspiration bien plus forte pour achever ne fus ce qu’une fois quelque chose qui ressemblerait à un roman.

Douche de midi

[Couplet 1]

Je suis un enfant des routes et du ciel
J’ai rencontré toutes les rues
Mes pieds connaissent tous les sols
Mes oreilles tout les silences
Mes yeux toutes les obscurités
Ma peau noire n’a plus peur des intempéries
Il a fait de la pluie sa veste,
Du froid son manteau,
Du soleil sa douche de midi

[Refrain]

Je viens de loin
Je ne vais nul part
je pose mon histoire à mes talons
souris à mes petits malheurs

[Couplet 2]

mon sourire étincèle quand mon ventre crie
mon rire éclate quand mes paupières scintillent
Aucun bras ne m’ont jamais enlacé,
Aucune phrase ne m’a jamais caressé,
Parce que les routes n’ont pas de bras
Et le ciel pas de voix

[Refrain]

Je suis un enfant des routes et du Ciel
Je souris à la nuit, embrasse le jour
Me brise en éclat de rire dans le ciel

[Refrain]

Mention spéciale du Jury Jeune Public
Affiche concours CSF#11

Lara Jassin, 18 ans, Belgique

Bonjour, je m’appelle Lara Jassin, je suis belge, j’ai 18 ans et je suis en dernière année de secondaire, ça équivaut à la terminale en France. J’adore écouter de la musique. Mes sports favoris sont la voile, le ski et le tennis. J’ai fait 7 ans de théâtre mais même si j’ai arrêté, je continue à m’y intéresser et à écrire, c’est une vrai passion. 

Selon moi,  les mots, sont des armes silencieuses qui peuvent avoir un impact tant positif que négatif. Placés dans un contexte bien précis, dans un texte, ils peuvent dire tout haut ce que les gens pensent tout bas. Pour moi, l’écriture est un remède miracle, quand je suis énervée, quand je suis triste, quand je suis anxieuse, il me suffit de prendre un stylo, un papier, mon lecteur mp4, des écouteurs et le tour est joué, je couche tous mes tracas sur du papier.

Dans le cadre de mon option scolaire, les sciences sociales, j’ai participé à une campagne sur la sécurité routière pour laquelle j’ai rédigé ce texte. J’étais déjà sensibilisée aux victimes de la route par ma maman qui est infirmière et s’occupe de personnes comateuses et polyhandicapées.Je vous ai envoyé mon texte sans aucune attente, je suis donc surprise et touchée qu’il vous ait plu. Je vous remercie pour l’accueil que vous lui avez réservé.

18 ans

Salut, comme toi j’suis un adolescent d’18 ans

J’ai un frère, une mère, mon père est absent.

Fin faut l’comprendre il a pas toujours l’temps.

Le temps, Le temps, le temps…

Si seulement j’pouvais l’remonter

Ah j’vous ai pas précisé, j’suis handicapé.

Pas d’naissance, non, mais d’impatience.

Laissez-moi vous raconter mon histoire

qui est tout sauf une victoire.

Y’avait un feu, y’avait eux.

Il était rouge, moi, il a fallu que j’bouge.

Passé… Présent… Futur…

Le passé s’est envolé.

Au présent j’étais impatient.

Au futur j’les ai mis entre quatre murs

Et moi dans une armature.

Y’avait un feu, y’avait eux.

Il était rouge, moi, il a fallu que j’bouge.

Ma voiture éclatée, mes rêves recalés.

Leurs vies bousillées et leurs familles dévastées.

Va falloir assumer, c’est fait j’suis un meurtrier.

Allez dire à mes parents, qu’j’ai tué des enfants.

Y’avait un feu, y’avait eux.

Il était rouge, moi, il a fallu que j’bouge.

Mention "Dis-moi dix mots" du Jury Jeune Public
Affiche concours CSF#11

Ayman Lahbahi, 15 ans, Maroc

Pour commencer, c’est un plaisir aussi grand qu’inattendu de savoir que j’ai pu décrocher une des trois mentions, peut être gagnerai-je le premier prix dans une autre édition:)

En tous cas, cela me fait chaud au cœur de savoir que ma chanson a été choisie, vu que je l’ai écrite avec hargne pour tenter de partager des souffrances parfois inaudibles à notre conscience, mais qui sont bel et bien réelles…

Mais sinon, voici qui je suis :
Ayman Lahbabi, un lycéen en première année sciences mathématiques qui étudie à Marrakech en étant âgé de 16 ans. Je suis un grand sportif, passionné de physique quantique, mais surtout, passionné de poésie et de musique! En effet, c’est bien cela qui me permet de lutter chaque matin, dans l’unique but de partager mon art et toucher toute une communauté qui perd petit à petit le sens du Beau… Je fais avec ce que je peux, j’écris des histoires, des poèmes, des textes de rap français, et plein d’autres genres ; d’ailleurs, mon plus grand succès est d’avoir publié un premier ouvrage « Méditations d’un lycéen », désignant mon recueil de poésie moderne paru chez Edilivre en Janvier 2018.

L’hécatombe

(Couplet 1)

Boom Boom !
Pleurs, cris, bombes
Malheur, crise, hécatombe
Encore une femme qui partira en cendres
Encore un enfant, porté vers sa tombe…

Pam Pam !
Des balles, de la fumée, du brouillard
Le récital des misères de tout un peuple
Moi je reste là, tout bête et couard…
J’observe sans comprendre, le sang d’un fleuve

La situation s’est calmée
Où est mon père, où est ma mère ?
Le voilà, sous un palmier
Trempé de sueur et de peine…

-Ohé ! Papa !
-AHH… Mon fils ! Mon fils !
-Papa ! A-t-on blessé ?
-Non, mais ta mère, si…

J’envoie mon regard orphelin, quérir tout autour
Jusqu’à heurter un corps qui gise
Une civière l’emporte, tout le monde cours
Mais il n’y a plus d’espoir, le sang gicle !

(Refrain ×1)

Je suis un enfant, déchiré en guerre !
Et j’me demande: «Où est la voix de la colombe ?»
Dans le ciel, je vois la lumière…
Viens nous délivrer ! Nous peuple de l’ombre !

Je suis un enfant, et l’accent de la guerre
Est très aigu, pour les amoureux des colombes…
Dans le soir, il n’y a plus de lumière !
Reviens vite ! Egayer nos ombres !
(Nous peuple de l’ombre, nous peuple de l’ombre)

(Couplet 2)

Lueur glauque dans une clinique
Où les patients souffrent davantage
Une douceur apocalyptique
Où parfois la mort fait naufrage !

J’observe ces inconnus qui placotent :
«Sa mère est morte…» Pauvre bambin !
Vie de merde, et rebelote…
Me voila un cœur en moins

Boom Boom !
Plus de mère, donc le lendemain
Je m’habitue à l’horreur
Même sang truculent, même pétrin
Pour chaque enfant palestinien

Même croissant rouge qui traîne
Même odeur de béton, même haine
Envers les casques qui marchent
Dans les catacombes du Mal !

Vreum ! Vreum !
Cette marche qui, malheureusement
Rythme mon histoire
En griot, je la chante dans le Square
Avec des larmes au refrain :

(Refrain ×1)

Je suis un enfant, déchiré en guerre !
Et j’me demande : «Où est la voix de la colombe ?»
Dans le ciel, je vois la lumière…
Viens nous délivrer ! Nous peuple de l’ombre !

Je suis un enfant, et l’accent de la guerre
Est très aigu, pour les amoureux des colombes…
Dans le soir, il n’y a plus de lumière !
Reviens vite ! Egayer nos ombres…
(Nous peuple de l’ombre, nous peuple de l’ombre)

(Pont)

Mesdames et Messieurs, Hommes du Monde
Nous saignons, arrêtez vos bagous !
L’heure est venue aux volubiles, d’éteindre la jactance
Qui ne saura éclairer nos gouffres !
Alors…
Aidez nous ! Actez le changement !
Moi je ne peux que chanter ce poème
J’y donne mes tripes et, content,
Je pleure le refrain !

(Refrain×2)

Je suis un enfant, déchiré en guerre !
Et j’me demande : «Où est la voix de la colombe ?»
Dans le ciel, je vois la lumière…
Viens nous délivrer ! Nous peuple de l’ombre !

Je suis un enfant, et l’accent de la guerre
Est très aigu, pour les amoureux des colombes…
Dans le soir, il n’y a plus de lumière !
Reviens vite ! Egayer nos ombres…
(Nous peuple de l’ombre, nous peuple de l’ombre)

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