Quand j’ai reçu le message que mon texte a été choisi pour les « Chansons sans frontières », je suis resté sans paroles. Et ça, c’est dur pour un parolier! C’est dur pour un chanteur! Je me suis quelque peu remis depuis et je suis très heureux que mes mots ont été sélectionnés pour représenter l’idée des « Chansons sans frontières » cette année.

Il y a 3 ans, j’ai entendu parler de « Dis-moi dix mots », et chaque année depuis, j’ai fait une chanson avec les 10 mots de l’année et l’ai mis sur YouTube. J’avais déjà fini la mienne pour cette année (elle s’appelle « J’en ai marre ») quand j’ai eu vent des « Chansons sans frontières ». Alors, il a fallu faire encore une autre chanson! Et c’est devenu « Étincelles ».

Voilà pourquoi. Si on regarde les journaux et la télé, on a surtout l’impression que la vie ne consiste que de catastrophes. Que le plus important soit tout ce qui ne marche pas entre les gens. Mais je n’y crois pas du tout.
Beaucoup d’évènements de la vie nous surpassent tous, parfois même les bons, mais souvent les tragiques. Chez nous, à Kassel en Allemagne, je rencontre chaque jour dans la rue, dans le tram, des réfugiés de Syrie, de l’Iraq, d’Afghanistan. Chaque semaine je chante avec des enfants dont les parents viennent du monde entier et qui essaient de trouver un bon chemin dans cet étrange pays qu’est l’Allemagne, et cela n’est pas facile.
Mais heureusement, la vie est plein de petites rencontres où on se comprend (même sans mots), où quelqu’un nous aide sans autre pensée que d’être utile pour une autre personne, où on ressent les liens entre tous les hommes. Ces rencontres nous permettent de faire face aux nouveaux terrains à explorer, aux difficultés, aux tragédies. J’appelle ces rencontres des « étincelles « qui illuminent un peu la vie, et j’ai l’impression d’en faire tous les jours. Et les étincelles viennent parfois de gens où on ne s’y attend pas. Dans mon texte, j’ai essayé de décrire quelques-unes de ses situations. C’est du tout vécu. (…………)

Donc, vivre sans frontières, cela fait partie de ma vie et de mon idéal. Et je crois qu’il n’y a pas beaucoup qui peut franchir les frontières entre des gens très différents comme le peut la chanson. Ma mémoire en est pleine de souvenirs, d’un groupe de jeunes dans une auberge de jeunesse à Québec, d’une heure de Beatles songs chantées à l’ukulélé avec un groupe italien dans l’aéroport de Nuremberg, de toute une nuit à chanter dans Victoria Station à Londres, de chansons françaises partagées avec des refugiés dans ma ville de Kassel.
Les chansons s’envolent au-dessus des frontières.

Michael GEMKOW, 56 ans, de Kassel en Allemagne